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  • : TOUT SUR L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • TOUT SUR L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • : Blog scientifique sur l'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©), méthode originale d'analyse de discours partant des métaphores quotidiennes et de la psychanalyse. Applications dans de nombreux domaines des Sciences Humaines et Sociales : linguistique, littérature (Camus), poésie (Baudelaire), traduction, rhétorique, argumentation, psychologie sociale. Textes, articles, exercices, discussions,dictionnaires.Google+
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:45

 

      Dans mon article "princeps" (Revue Marges Linguistiques) intitulé  Linguistique et psychanalyse: pour une approche logiciste, la Présentation sommaire de l'A.L.S. annonce : « Il existe dans une langue comme le français des sous-langues subjectives (les « parlers ») qui, bien que différentes, se comprennent tant bien que mal en se retraduisant l’une dans l’autre. »

1) Plus bas les Règles du jeu dialogique précisent : « Lorsqu'il y a consensus, le locuteur retraduit dans son parler les mots de l'autre ».

En voici un exemple, tiré du livre Modernes et après - Les Immatériaux, éditions Autrement, 1985 :


« E. T. —  [à propos de la philosophie] Et il y a ce déclin aujourd'hui, car on s'aperçoit tout d'un coup qu'avec les déplacements d'intérêt, la reine est nue. La nudité de la philo devient décevante.

   J.-F. L. — Oui, si tu veux. Mais plutôt que nudité qui est une bonne chose, je dirais une espèce de sclérose de l'enseignement de la philo dans les institutions ».


(Conventions : série A en italique, série B en gras, souligné = valorisé, non-souligné = dévalorisé).

E. T. donne à nue et nudité (série A) une valeur négative, confirmée par l'allusion au conte "le roi est nu" et par l'adjectif décevante. Ceci, joint au mot dévalorisé déclin, montre qu'il adopte (momentanément dans ce dialogue) le point de vue introverti.

J.-F. L. est dans le consensus ("Oui, si tu veux"), mais adoptant (durablement dans ce dialogue) le point de vue extraverti, il valorise la nudité et remplace ce mot A par le mot B sclérose, qu'il dévalorise.


Voici un autre exemple, tiré d'une interview de Nina Berberova par Bernard Pivot  (Émission Apostrophes,1992, document INA, 4 minutes 30):

« Pivot : — A un certain moment vous dites que les gens vous disent comme ça [avec admiration] "Ah ! Mais Nina, tu es un roc" , et vous leur répondez "je ne suis pas un roc, je suis un fleuve". Pourquoi ? ...

Berbérova : Parce que je bouge , parce que je bouge ».

Pivot semble donner à roc (série B) une valeur positive (point de vue momentanément introverti), comme les admirateurs de Nina Berberova dont il cite les propos. Il se trouve fondé à demander pourquoi Berberova refuse roc pour le remplacer par fleuve.

Berberova a rejeté le mot B roc, qu'elle dévalorise, et l'a remplacé par le mot A fleuve, qu'elle valorise. Contredisant ses admirateurs en adoptant le point de vue extraverti, elle procède à une reformulation, mais toujours dans le consensus. En réponse à Pivot,  elle justifie son choix par le mot A bouger, également valorisé.

2) Toujours dans les Règles du jeu dialogique, mais cette fois en cas de conflit, je décris le Désaccord sur la forme (avec ou sans désaccord sur le contenu) entre locuteurs de parler différents, et précise:  « Parfois, alors même qu'on est d'accord sur le contenu, le désaccord naît sur la manière de le formuler. La conviction "intime" de chaque protagoniste que son identification vaut mieux que celle de l'autre conduit à un affrontement où la logique "fantasmatique" prend le relais de la logique "cognitive" ».

En voici un exemple, tiré des Actes d'un Colloque de psychanalyse :


Lors d'un échange entre deux psychanalystes, l'une prêche en termes introvertis la modération ("on peut reprendre les choses quand même d'une manière moins passionnelle", etc.), et l'autre s'emporte en termes majoritairement extravertis ("extraordinaire complexité de la vie", etc.). Alors qu'ils sont d'accord sur le contenu (En psychanalyse, d'abord la pratique, ensuite la théorie),le désaccord va porter sur la formulation :

« Elle —  "toute théorie analytique repose (B+) sur de la clinique.

   Lui. —  Pas repose, exprime ! (A+) ».

 

Cet exemple sera bientôt analysé plus en détail.

Autre exemple tité d'une pièce de Carlo Goldoni, Le menteur. Celui-ci réplique à son interlocuteur :

“ Imbécile ! Ce ne sont pas des mensonges ! Ce sont de spirituelles inventions nées de ma fertile intelligence et de mon esprit vif et brillant. ”

Dans cette paradiastole (requalification des faits), le menteur retraduit mensonges (série A, dévalorisé dans la bouche de
son interlocuteur introverti) par des mots de la série A qu'il valorise (pointde vue extraverti) : spirituelles, inventions, fertile, vif, brillant. L'auteur de la présentation pour le Théâtre du Gymnase fait d'ailleurs le diagnostic de mythomanie chez un hystérique masculin :

"Le menteur est menteur parce qu’il ne supporte pas sa réalité et qu’il raconte une sorte de vie rêvée, riche, enthousiasmante où il se voit comme un séducteur à la Don Juan, un Don Juan maladroit qui s’invente lui-même au fur et à mesure de ses rencontres dans  cette Venise que Laurent Pelly a revisitée d’une manière très fellinienne".

 

3) Enfin la reformulation peut s'observer non dans un dialogue, mais chez une seule et même personne, revêtant alors la forme rhétorique de l'autocorrection, voire de la rétractation. Dans ce court extrait du texte : "Quand nos lèvres se parlent", Cahiers du GRIF n°12, 1976, p.26, Luce Irigaray commence un plaidoyer féministe où les hommes n'ont pas vraiment le beau rôle... :

« Comment le dire ? Que tout de suite nous sommes femme. Que nous n'avons pas à être produite telle par eux, nommée telle par eux, sacrée et profanée telle par eux. Que cela est toujours déjà arrivé, sans leur travail. Et que leur(s) histoire(s) constitue le lieu de notre déportation. Ce n'est pas que nous ayons un territoire propre, mais leurs patrie, famille, foyer, discours, nous emprisonnent dans des espaces clos où nous ne pouvons continuer à nous mouvoir. À nous vivre. Leurs propriétés, c'est notre exil. Leurs clôtures, la mort de notre amour. Leurs mots, le bâillon de nos lèvres. Comment parler pour sortir de leurs cloisonnements, quadrillages, distinctions, oppositions : vierge / déflorée, pure / impure, innocente / avertie ... Comment nous désenchaîner de ces termes, nous libérer de leurs catégories, nous dépouiller de leurs noms. Nous dégager, vivantes, de leurs conceptions ? Sans réserve, sans blanc immaculé qui soutienne le fonctionnement de leurs systèmes.

Dans cette envolée en langue « extravertie » apparaît un intrus : le mot déportation, mot de la série A ici fugacement dévalorisé, comme si l'auteur basculait brièvement dans le point de vue introverti. Elle se corrige aussitôt en démentant le présupposé inhérent au verbe déporter transporter une personne hors de son pays, de son milieu d'origine », CNRTL) : « Ce n'est pas que nous ayons un territoire propre », et, à la faveur d'un "mais" adressé à un virtuel contradicteur, elle réintègre prestement son dialecte extraverti, où l'on retrouve la dévalorisation des mots "B" tels que emprisonnent, clos, propriétés, clôtures, mort, bâillon, cloisonnements, quadrillages, distinctions, oppositions, termes, catégories, noms, réserve, blanc immaculé, systèmes, et la valorisation concomitante des mots "A" tels que mouvoir, vivre, sortir, désenchaîner, libérer, dépouiller, dégager, vivantes...

[A suivre]

On lira avec intérêt l'article "Usages polémiques de la reformulation" :

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/34/98/55/PDF/3396.pdf

 

 

 

  


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous
 

 


Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire. C'est une microsémantique du fantasme.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.
 


Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, microsémantique du fantasme, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, fantasme, rêve, rébus, subjiciel, machina subjectiva, cognisème, subjisème

Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel, machina subjectiva

Schlüsselwörter : Analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel, machina subjectiva

Palavras-chaves : analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Palabras-clave : analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel, machina subjectiva

Parola-chiave : analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel, machina subjectiva

 

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