Blog scientifique sur l'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©), méthode originale d'analyse de discours partant des métaphores quotidiennes et de la psychanalyse. Applications dans de nombreux domaines des Sciences Humaines et Sociales : linguistique, littérature (Camus), poésie (Baudelaire), traduction, rhétorique, argumentation, psychologie sociale. Textes, articles, exercices, discussions,dictionnaires.Google+
Quelles conclusions peut-on dégager, en utilisant l'A.L.S, du passage suivant du livre de Marie Cardinal "Les mots pour le dire", pages 164 à 170, où elle rapporte les propos de sa mère ?
(Pour savoir ce qu'est l'A.L.S. ou Analyse des Logiques Subjectives, on pourra d'abord lire l'article intitulé Linguistique et psychanalyse: pour une approche logiciste (pages 88 à 113), ou mieux, le résumé avec un plan dans l'encyclopédie Wikipédia sous l'intitulé : Analyse des logiques subjectives).
[Marie Cardinal] Là, dans la rue, en quelques phrases, elle a crevé mes yeux, elle a percé mes tympans, elle a arraché mon scalp, elle a coupé mes mains, elle a cassé mes genoux, elle a torturé mon ventre, elle a mutilé mon sexe.
Je sais aujourd'hui qu'elle était inconsciente du mal qu'elle me faisait et je ne la hais plus. Elle chassait sa folie sur moi, je lui servais d'holocauste.
[La mère] "Me trouver enceinte en plein divorce ! Te rends tu comptes de ce que celà représente ? ... Je voulais me séparer d'un homme dont j'attendais un enfant ! [...] Pour divorcer il faut ne plus vouloir d'un homme au point de ne plus supporter sa seule présence [...] Ah ! tu es trop jeune, tu ne comprends pas ce que je veux dire ! ... Mais il faut que je te parle, il faut que tu saches ce que l'on peut endurer pour une bêtise, pour quelques secondes
Il existe de mauvaises femmes et de mauvais médecins qui peuvent supprimer un enfant dans le ventre d'une femme. C'est un péché monstrueux que l'Eglise punit par l'Enfer et la France par la prison. C'est une des plus mauvaises actions qu'un être humain puisse commettre.
Pourtant il se peut que, naturellement, c'est-à-dire sans avoir à recourir à un de ces mauvais médecins ou une de ces mauvaises femmes, on perde un enfant que l'on attend. A ce moment ce n'est plus un péché, ce n'est rien, un accident, voilà tout.
Mais cela n'arrive pas si facilement qu'on le croit ! Quand je pense aux précautions dont on entoure les femmes enceintes ! ... Qu'elles ne se fatiquent pas trop, qu'elles ne descendent pas les escaliers sans se tenir à la rampe, qu'elles restent allongées le plus possible ... Tu parles ! ... De la rigolade !
Moi, ma fille, je suis allée chercher ma bicyclette qui rouillait dans la remise depuis je ne sais plus combien de temps et j'ai pédalé dans les champs, dans la terre labourée, partout. Rien. J'ai fait du cheval pendant des heures : les obstacles, le trot - et pas enlevé du tout, je te prie de me croire. Rien. Quand je laissais ma bicyclette ou mon cheval, j'allais jouer au tennis en pleine chaleur. Rien. J'ai avalé de la quinine et de l'aspirine par tubes entiers. Rien.
Ecoute-moi bien : quand un enfant est accroché, on ne peut rien faire pour le décrocher. Et un enfant ça s'attrape en quelques secondes. Tu comprends ? [...]
Après plus de six mois de ce traitement j'ai été bien obligée d'admettre que j'étais enceinte et que j'allais avoir un autre enfant. D'ailleurs ça se voyait. Je me suis résignée." [...]
[Marie Cardinal] C'était mon enfant qui bougeait ! [...] Je savais où il était, comment il se plaçait [...] Ma mère aussi savait où j'étais et comment j'étais. [...] Mais chacun de mes mouvements ne lui indiquait qu'une seule chose : elle n'était pas encore parvenue à me tuer. Ah ! ce foetus qui la dérangeait ! [...]
Alors elle enfourchait son vélo rouillé et en avant dans les terrains vagues, dans les détritus ! J'espère que ça swingue là-dedans, ma fille, mon petit poisson,; tu vas voir comme je vais la briser ton arête ! Fous le camp, va voir dehors si j'y suis !
Elle chevauchait son canasson et hop ! Tu les sens les coups de bélier dans ton corps hideux ? Ma mignonne ! ça en fait une belle tempête pour fracasser les petits sous-marins ! Non ? ça en fait de beaux remous pour asphyxier les petits scaphandriers ! Hein ? Va-t'en, ordure, mais va-t'en donc !
Tu bouges encore ? Tiens, voilà de quoi te calmer. Quinine, aspirine ! Caline, calin-calinette, dodo l'enfant do, laisse-toi bercer, bois, ma belle, bois le bel elixir empoisonné. Tu vas voir comme tu vas t'amuser dans le toboggan de mon cul quand tu seras bien pourrie par les drogues, crevée comme un rat d'égout. A mort ! A mort !
Pour finir, impuissante, résignée, vaincue, elle m'a laissé glisser dans la vie comme on laisse glisser un étron. Et la petite fille-étron qui venait doucement, la figure en avant, vers la lumière qu'elle voyait là-bas, au bout de l'étroit conduit humide, au bout du tunnel, qu'allait-il lui arrtiver dans ce dehors qui l'avait tant malmenée ? Dites, ma mère, saviez-vous que vous la poussiez dans la folie ? Vous en doutiez-vous ?
Début de l'analyse de ce texte dans quelques jours ...
Première étape : comparer le texte précédent au poème de Baudelaire intitulé (par antiphrase !)
| Lorsque, par un décret des puissances suprêmes, Le Poëte apparaît en ce monde ennuyé, Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié: - «Ah! que n'ai-je mis bas tout un nœud de vipères, Plutôt que de nourrir cette dérision! Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères Où mon ventre a conçu mon expiation! Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes Pour être le dégoût de mon triste mari, Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes, Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri, Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable Sur l'instrument maudit de tes méchancetés, Et je tordrai si bien cet arbre misérable, Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés!» Elle ravale ainsi l'écume de sa haine, Et, ne comprenant pas les desseins éternels, Elle-même prépare au fond de la Géhenne Les bûchers consacrés aux crimes maternels. |
voir aussi : Un court extrait des "Mots pour le dire" de Marie Cardinal
ainsi que : Autres extraits des "Mots pour le dire" de Marie Cardinal
Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.
Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.
Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel
Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,
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Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel
Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel
Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel
Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel