Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : TOUT SUR L'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • TOUT SUR L'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • : Blog scientifique sur l'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©), méthode originale d'analyse de discours partant des métaphores quotidiennes et de la psychanalyse. Applications dans de nombreux domaines des Sciences Humaines et Sociales : linguistique, littérature (Camus), poésie (Baudelaire), traduction, rhétorique, argumentation, psychologie sociale. Textes, articles, exercices, discussions,dictionnaires.Google+
  • Contact

Mots-clé

Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, sémantique, microsémantique, microsémantique du fantasme, logique de la déraison, lexicologie, subjilecte, métaphore, paradiastole, oxymore, isotopie subjective, axiologie, homonyme, homonymie, pseudosynonyme, pseudosynonymie, psychanalyse, Lacan, Réel Symbolique Imaginaire, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, paranoïaque, schizophrénie, schizophréne, rhétorique, argumentation, épistémologie, logique, logique libre, poésie, littérature, surréalisme, Hocquenghem, Charles Baudelaire, traduction, malentendu, dialogue de sourds, expressions figées, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, hystérie, hystérique, obsession, obsessionnel, phobie, phobique, angoisse, inconscient, formations de l'inconscient, rêve, rébus, lapsus, oubli, acte manqué, mot d'esprit, interprétation, antiphilosophie, anti-philosophie, Cyrano, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, points de vue, la subjectivité comme artifice, subjectivité, subjectivité artificielle, machina subjectiva, argot, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, homéopsychie, malaise dans la civilisation, propagande, propagande et psychanalyse, psychanalyse et propagande, neurosciences, neurosciences et psychanalyse, psychanalyse et neurosciences, approche logiciste, Jean-Claude Gardin, Jean Molino, cognisème, subjisème, prothèse psychique, identification cognitive, identification subjective, galiléisme, galiléisme étendu, science galiléenne, structuralisme, structure, langage, définition apophatique de la psychanalyse, définition récursive de la psychanalyse

 


Recherche

12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 09:02


Pour accompagner le  résumé du livre de Jean-Claude Milner : L’Œuvre claire (Paris : Seuil. 1995), voici les Propositions doctrinales énoncées par l'auteur à partir du chapitre II.


Propositions doctrinales


CHAPITRE II : Le doctrinal de science


Lacan pose une équation : « le sujet sur quoi nous opérons en psychanalyse ne peut, être que le sujet de la science ». Cette équation énonce trois affirmations :

  • (1) que la psychanalyse opère sur un sujet (et non pas par exemple sur un moi) ;
  • (2) qu'il y a un sujet de la science ;
  • (3) que ces deux sujets n'en font qu'un.

A. Axiome du sujet :

  • 'il y a quelque sujet, distinct de toute forme d'individualité empirique'.

B. Hypothèse du sujet de la science :

  • 'la science moderne, en tant que science et en tant que moderne, détermine un mode de constitution du sujet'.

C. Définition du sujet de la science :

  • 'le sujet de la science n'est rien hormis le nom du sujet, en tant que, par hypothèse, la science moderne en détermine un mode de constitution'.

D. Freud demande :

  • 'que doit être la psychanalyse pour être une science qui soit conforme au modèle ?'.

E. Freud a une théorie transversale de la science, réponse à la question :

  • 'pourquoi y a-t-il de la science plutôt que pas de science du tout ?'.

F. Lacan met de la prudence à répondre à la question :

  • 'pourquoi y a-t-il de la psychanalyse plutôt que pas de psychanalyse du tout ?'.

G. Théorèmes de Kojève :

  • (i) 'il y a entre le monde antique et l'univers moderne une coupure';
  • (ii) 'cette coupure tient au christianisme'.

H. Théorèmes de Koyré :

  • (i) 'il y a entre l'epistèmè antique et la science moderne une coupure';
  • (ii) 'la science moderne est la science galiléenne, dont le type est la physique mathématisée';
  • (iii) 'en mathématisant son objet, la science galiléenne le dépouille de ses qualités sensibles'.

I. Hypothèse de Lacan :

  • 'les théorèmes de Koyré sont un cas particulier des théorèmes de Kojève'.

J. Lemmes de Lacan :

  • (i) 'la science moderne se constitue par le christianisme, en tant qu'il se distingue du monde antique';
  • (ii) 'puisque le point de distinction entre christianisme et monde antique ressortit au judaïsme, la science moderne se constitue par ce qu'il y a de juif dans le christianisme';
  • (iii) 'tout ce qui est moderne est synchrone de la science galiléenne et il n'y a de moderne que ce qui est synchrone de la science galiléenne'.

K. Cartésianisme radical de Lacan :

  • 'si Descartes est le premier philosophe moderne, c'est par le Cogito',
  • 'Descartes invente le sujet moderne';
  • 'Descartes invente le sujet de la science';
  • 'le sujet freudien, en tant que la psychanalyse freudienne est intrinsèquement moderne, ne saurait être rien d'autre que le sujet cartésien'.

L. Si l'on admet que la proposition négative 'la conscience de soi n'est pas une propriété constitutive de la pensée' se sténographie du nom inconscient, on obtient le théorème :

  • 's'il y a de la pensée dans le rêve, il y a un inconscient'.

M. On obtient du même coup le lemme :

  • 'le rêve est la voie royale de l'inconscient'.

N. Et la définition qui se déduit du théorème et du lemme :

  • 'affirmer qu'il y a de l'inconscient équivaut à affirmer ça pense'.

O. Lacan ajoute seulement la proposition, tirée de Descartes et étendue à Freud :

  • 's'il y a du penser, il y a quelque sujet'.

P. Premier discriminant de Koyré :

  • 'est galiléenne une science qui combine deux traits : l'empiricité et la mathématisation'.

Q. Second discriminant de Koyré :

  • 'étant admis que tout existant empirique est traitable par quelque technique et que la mathématisation constitue le paradigme de toute théorie, la science galiléenne est une théorie de la technique et la technique est une application pratique de la science'.

R. Propositions qui se tirent à la fois de Freud et de Lacan :

  • 'le Moi a horreur de la science';
  • 'le Moi a horreur de la lettre comme telle';
  • 'le Moi et l'imaginaire sont gestaltistes';
  • 'la science et la lettre sont indifférentes aux bonnes formes';
  • 'l'imaginaire comme tel est radicalement étranger à la science moderne';
  • 'la science moderne, en tant que littérale, dissout l'imaginaire'.

S. La nature de la coupure discursive se détermine ainsi :

  • 'dire qu'il y a coupure entre deux discours, c'est seulement dire qu'aucune des propositions de l'un n est synonyme d`aucune des propositions de l'autre'.

T. Entre deux discours réellement différents, il n'y a d'autre relation que de coupure, mais la coupure n'est que le nom de leur différence réelle. La conclusion s'impose :

  • 'une coupure n'est pas fondamentalement chronologique'.

U. On peut la dire autrement, en généralisant sa portée :

  • 'la théorie des discours est une antihistoire'.

V. Le doctrinal de science se révèle reposer sur un lemme caché :

  • 'le discriminant de Koyré et le discriminant de Popper sont synonymes, à condition qu`on les saisisse du point de la contingence'.

W. L'univers, comme objet de la science et comme objet contingent, est infini intrinsèquement :

  • 'l'infini de l'univers est la marque de sa contingence radicale'.

X. C'est donc en lui et non pas hors de lui qu'on doit trouver les marques de cette infinité. La thèse moderne par excellence se dira donc :

  • 'la finitude n'existe pas dans l'univers'.

Y. Et comme rien n'existe que dans l'univers, elle se dit aussi :

  • 'la finitude n'existe pas'.

Z. Car :

  • 'il n'y a rien qui soit hors univers'.

Z'. Le lemme moderne tient que la finitude n'existe pas et la psychanalyse suit ce lemme. Elle en donne même une version spécifique :

  • 'en tant qu'elle est une marque de finitude, la mort n est rien dans l'analyse';
  • ou : 'la mort ne compte dans l'analyse qu'en tant qu'elle est une marque d'infinité';
  • ou : 'la mort n'est rien, sinon l'objet d'une pulsion'.



CHAPITRE III : Le premier classicisme lacanien

A. thèse de Barthes :

  • 'la Littérature est intrinsèquement moderne'.

B. hypothèse de L. Althusser :

  • 'l'univers de la science moderne est coextensif au marché mondial'.

C. Foucault ne suppose que l'affirmation d'existence

  • 'il y a des coupures'.

D. Le doctrinal de science se reformule :

  • 'la coupure entre epistèmè et science moderne est une coupure majeure'.

E. le dispositif du doctrinal de science repose sur un axiome d'existence supplémentaire :

  • 'non seulement il y a des coupures, mais il y a des coupures majeures '.

F. Foucault a son axiomatique doctrinale

  • ('il n'y a pas de coupures majeures'),

en la corrigeant d'une proposition pratique au sens kantien du mot :

  • 'il y a telles circonstances qui, l'instant d'une passion, font effet de coupure majeure et de Repère'.

G. théorème de Staline (avec sa réciproque) :

  • 'il y a des changements de l'infrastructure qui n'entraînent pas de changements dans la langue; il y a des changements dans la langue qui ne dépendent pas de changements dans l'infrastructure'.

H. reformulation du théorème de Staline :

  • 'la langue est immune aux coupures majeures' (ou, dans un langage politique : 'la langue est immune aux révolutions').
H. Lemme de Staline :
  • 'la langue, en tant que forme, est le repère qui permet de constater les coupures majeures'.

I. Foucault. La loi des discours se ramène à une seule :

  • 'il y a des discontinuités', ou 'I'on doit dire non aux synonymies'.

I'. Reprise de l'équation des sujets :

  • 'la praxis de la psychanalyse est interprétation ; le sujet que requiert la psychanalyse en tant qu'elle interprète est le sujet que requiert la science en tant qu'elle se constitue par une coupure majeure ; toute coupure majeure a la structure d'une interprétation'.
  • * Galiléisme étendu de Lacan : "Plus extensif que le premier, mais aussi plus rigoureux, il s'autorise d'une mathématique enfin menée à son littéralisme absolu"

J. la linguistique structurale repose sur trois thèse minimalistes :

  • un minimalisme de la théorie : une théorie se rapprochera d'autant plus de l'idéal de la science qu'elle s'imposera, pour une puissance descriptive  maximale, d'user d'un nombre minimal d'axiomes et de concepts initiaux ;
  • un minimalisme de l'objet : on ne connaîtra une langue qu'en s'imposant d'y considérer seulement les propriétés minimales qui en font un système, décomposable en éléments eux-mêmes minimaux ;
  • un minimalisme des propriétés : un élément d'un système a pour seules propriétés celles qui sont déterminées par le système.

J'. le structuralisme en linguistique peut s'exprimer ainsi :

  • 'on connaîtra le langage (une langue naturelle donnée) en s'imposant de le considérer uniquement comme une chaîne'.

J''. forçage de Lacan :

Le nom de signifiant est certes repris de Saussure, mais il s'en écarte, puisqu'il est arraché au couplage symétrique signifiant/signifié où Saussure l'insérait. Il énonce donc deux propositions divergentes :

  • La linguistique est réinterprétée, sinon détournée
  • Moyennement cette réinterprétation, il est prouvé qu'à partir de la linguistique une analyse structuraliste et légitime pour d'autres objets que la langue.

K. conjecture hyperstructurale de Lacan :

  • 'la structure quelconque a des propriétés non quelconques'.

L. théorie de la structure quelconque. Soit un théorème provisoire :

  • 'la structure minimale quelconque contient en inclusion externe un certain existant distingué, qu'on appellera le sujet'.
L'. Logion tiré de la définition du signifiant par Lacan :
  • « le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant »
L''. Il s'analyse en quatre thèses définitoires :
  1. un signifiant ne représente que pour ;
  2. ce pour quoi il représente ne peut être qu'un signifiant ;
  3. un signifiant ne peut représenter que le sujet ;
  4. le sujet est seulement ce qu'un signifiant représente pour un autre signifiant.

M. De la conjecture hyperstructurale et de la théorie de la structure quelconque suit une thèse, qu'on peut appeler l'hypothèse du sujet du signifiant :

  • 'il n'y a de sujet que d'un signifiant'.

N. Étant admis par ailleurs l'hypothèse du sujet de la science, l'équation des sujets est une conséquence automatique :

  • 'le sujet de la science, le sujet cartésien, le sujet freudien, s'ils sont des sujets, ne peuvent être que le sujet d'un signifiant; ils ne font et ne peuvent faire qu'un'.

O. Le sujet freudien, c'est-à-dire le sujet capable d'inconscient, peut et doit être institué comme sujet d'un signifiant : il faut et il suffit pour cela que l'inconscient soit pensé comme une chaîne, ce qu'assure le logion

  • 'l'inconscient, structuré comme un langage'.

P. Le sujet de la science mathématisée peut et doit être institué comme sujet d'un signifiant : il faut et il suffit pour cela que la mathématique soit pensée comme la forme éminente du signifiant, disjoint de tout signifié, ce que permet le galiléisme étendu :

  • le logion « la mathématique du signifiant » (Écrits, p. 861) est réputé propre à caractériser toute science et doit se lire réversiblement — le signifiant est intrinsèquement mathématique, la mathématique est intrinsèquement du signifiant.

Q. le programme des Cahiers pour l'Analyse se dit :

  • 'l'hypothèse du sujet du signifiant n'est pas seulement une conséquence de la conjecture hyperstructurale; elle en est la conséquence majeure'.

ou :

  • 'la conjecture hyperstructurale est la forme moderne de la question transcendantale'.

Il se dit aussi :

  • 'le sujet du signifiant est le sujet métaphysique moderne'.

Il se dit enfin :

  • 'que peut et doit une métaphysique moderne ?'.

R. Le premier classicisme a pour monument majeur les Écrits.

  • Il constitue le développement progressif et presque systématique du programme articulé dans le discours de Rome, en 1953.
  • Il appuie l'hypothèse hyperstructurale sur l'évidence supposée des structuralismes, comme formes contemporaines d'un nouveau galiléisme;
  • ce dernier est à considérer lui-même comme une extension du galiléisme strict; cette extension maintient ou plus exactement épure l'équation des sujets et l'hypothèse du sujet de la science qui en est le pivot.
  • Ses parties constituantes sont à présent claires :

— le doctrinal de science inclut spécifiquement l'hypothèse du sujet de la science ;

— le galiléisme invoqué dans le doctrinal prend une forme particulière, fondée sur une extension de la notion de mathématisation et sur une extension de l'univers à des objets non proprement naturels; c'est le galiléisme étendu ;

— le galiléisme étendu inclut la psychanalyse, moyennant le logion 'I'inconscient est structuré comme un langage', mais ce logion lui-même requiert la conjecture hyperstructurale ;

— la conjecture hyperstructurale, en tant que théorie de la structure quelconque, et en tant que cette théorie inclut l'émergence du sujet, est un mode de résolution de l'hypothèse du sujet de la science; de ce fait, elle s'articule à l'axiome du sujet, homonyme et éventuellement synonyme de la métaphysique classique.


S. L'édifice est majestueux, mais instable.


CHAPITRE IV : Le second classicisme lacanien

A. Le bourbakisme affirme trois choses, touchant la mathématique :

(1) elle est autonome à l'égard de la science galiléenne ;

(2) I'essence n'en est pas la quantité; elle peut donc s'étendre à des objets non quantitatifs ;

(3) il y a une logique mathématique.

B. Or, Koyré suppose exactement le contraire :

(1') quoi qu'elle soit pour elle-même, la mathématique est considérée seulement comme la servante de la mathématisation ;

(2') elle est à entendre au sens étroit qui seul, aux yeux de Koyré, intéresse la science moderne : la quantité ;

(3') il n'y a pas de logique mathématique (cf. Épiménide le Menteur).

C. La fonction et la forme du mathème chez Lacan se trouvent déterminées par deux affirmations :

a) le mathème assure la transmissibilité intégrale d'un savoir ;

b) le mathème se conforme au paradigme mathématique.

D. Affirmer (a), c'est en fait affirmer des propositions du type :

  • 'il n'y a pas de maîtres', ou :
  • 'il n'y a pas de disciples', ou :
  • 'il n'y a pas de sagesse', ou :
  • 'il n'y a ni Parole ni Présence',
  • 'il n'y a pas de sagesse au-delà du savoir'.

E. Ces exclusions sont le propre de l'univers moderne. Cela se comprend mieux si l'on combine (a) et (b). Par cette combinaison s'obtient la thèse sous-jacente :

  • 'la mathématique est le paradigme de la transmissibilité intégrale'.

F. 'Je ne suis pas un maître, j'en occupe la position', voilà donc les conclusions que Lacan n'a pas pu ne pas tirer pour lui-même au moment ou se déploya le plus complètement le dispositif de sa mathématisation.

G. Là ou la mathématique prébourbakiste s'autorisait de la cohérence rationnelle, venue des Grecs, Bourbaki s'autorise de la seule consistance littérale. Mais il la répute homogène à la précédente.

  • Lacan, s'appuyant sur l'hyperbourbakisme, donne un tour supplémentaire au garrot : y eût-il consistance littérale, elle ne laisserait pas d'être imaginaire, parce que toute consistance est toujours variante du lien; mais il n'y a pas de consistance littérale, parce que la littéralité n'est pas de l'ordre de la consistance.

H. le nœud est dit « le meilleur support que nous puissions donner de ce par quoi procède le langage mathématique ». Trois propositions sont ainsi avancées :

  • Premièrement, le mathématique dont se soutient le mathème est le mathématique détaché de la déductivité, laquelle est réputée tout à la fois acquise et sans portée : c'est ce que signifie l'incise « une fois qu'il est suffisamment repéré quant à ses exigences de pure démonstration »; on se trouve ici au cœur du second classicisme.
  • Deuxièmement, le mathématique, disjoint de la déductivité, consiste en un littéral pur : le maniement des lettres, et non le commentaire parlé, qui ramène aux chaînes de raisons.
  • Troisièmement, de ce mathématique-là, c'est le borroméanisme qui est le support, puisque le borroméanisme n'est rien de plus et rien de moins que ceci : il suffit qu'un rond ne tienne pas pour que les autres se dispersent, or, cette propriété est jugée le meilleur et peut-être le seul analogue de la propriété définitoire du littéral comme tel.

I. L'équation des sujets identifiait le sujet de la science et le sujet sur quoi opère la psychanalyse : ils ne faisaient qu'un, parce qu'ils ne faisaient qu'un avec le sujet du signifiant; par l'hypothèse de Lacan on comprend que l'expression « sujet sur quoi opère la psychanalyse » est à dédoubler :

  • il y a l'individu affecté d'un inconscient, que rencontre la pratique analytique en ce qu'elle a de plus technique
  • et il y a le sujet tel que la théorie de la structure quelconque le définit : c'est le sujet d'un signifiant.
  • Il n'y a pas deux sujets qui ne font qu'un, mais un seul sujet et un individu qui, radicalement distinct du sujet, coïncide avec lui.
  • Dire cela, c'est dire que la distinction est irréductible et qu'être le même signifie être l'Autre.

J. On voit la doctrine :

  • Prémisse 1 : 'le sujet de la science est le sujet d'un signifiant' (hypothèse du sujet du signifiant, formulée par le premier classicisme, maintenue dans le second).
  • Prémisse 2 : 'le sujet d'un signifiant coïncide avec un individu affecté d'un inconscient' (hypothèse de Lacan, formulée seulement dans le second classicisme).
  • Prémisse 3 : 'la psychanalyse dans sa pratique opère sur un individu affecté d'un inconscient' (hypothèse fondatrice de Freud).
  • Conclusion : 'la psychanalyse dans sa pratique rencontre par coïncidence un sujet'.

K. 'le signifiant ne pense pas'


L. 'il y a mutuelle exclusion entre la philosophie et le mathème de la psychanalyse'.

 


CHAPITRE V : La déconstruction


[ Ici pas de Propositions doctrinales, pas de "logia", mais quelques phrases-clé de J.-C. Milner ]


Le mathème connaîtra son achèvement. Sa doctrine était liée à une institution : l'École freudienne, "école" et "freudienne", fondée sur trois hypothèses :

  • quelque chose se transmet intégralement à partir de Freud,
  • le lieu d'une transmission intégrale est une école
  • le moyen d'une transmission intégrale est le mathème en un tel lieu.

Revue Scilicet
, modelée sur Bourbaki : « tu peux savoir ce qu'en pense l'École freudienne », « grâce au mathème ».

L'École freudienne trouvait son support doctrinal dans la doctrine du mathème.

Que l'école ait été dissoute signifie que le mathème a été dissous.

Lacan ne s'intéresse au nœud que par ce qu'il a de réfractaire à une mathématisation intégrale.

Paradoxe du doctrinal de science, il a fallu, après Galilée et Descartes, admettre :

  • que l'univers est intégralement passible d'une science mathématisés,
  • qu'il est infini
  • et que l'infini n'est pas, au début, un objet mathématiquement clair.
Mais assez vite l'infini a donné lieu à un calcul et à des écritures mathématiques.

Le nœud, lui, est antinomique à la lettre, donc au mathème.


Non seulement le nœud n'est pas mathématisé, mais il ne fonctionne qu'à ne pas l'être.

Il n'est plus que la figure du deuil de la lettre mathématique et de sa puissance. Il ne dit quelque chose de la lettre que parce qu'il s'en excepte ; la mathématique n'est pas littérale.

Si lettre il doit y avoir, Lacan doit désormais la chercher ailleurs : Joyce, le poème, les Lettres.

Dans Encore, le mathème est à son acmé et le poème n'apparaît que pour le confirmer.
Les calembours homonymiques constituent des atomes de calcul poématique, comme des mathèmes donnés par lalangue même.

Après Encore, la symétrie se rompt. Le poème inquiète, car il prolifère. Si la mathématique n'est plus littérale, les homophones deviennent la seule marque de la littéralité, tenants-lieu d'un mathème exténué. Leur multiplication contrebalance la monstration silencieuse des nœuds.

Le poème, polymérisé à l'infini de lalangue, explose sur l'abîme. D'un côté les nœuds taciturnes, de l'autre, omni-présent, le poème, attesté et aboli par son propre foisonnement.

Simultanément, la main se ferme sur la matérialité des ficelles. Jusqu'à ce que le dernier acte d'un enseignement poursuivi durant tant d'années, le dernier mot de tant de concepts, d'analyses, d'écritures, d'inventions, devienne un maniement muet, indistinguable de la manie solitaire.

A la fin du parcours, le nœud est devenu un détournement de la lettre, une antimathématique. L'anachorèse discursive est consommée.

Le nœud était donc mortel.


Le séminaire XX, qui l'introduit, tient une place d'exception dans l'œuvre de Lacan :

  • Par sa portée : le second classicisme lacanien s'y accomplit.
  • Par sa forme : ésotérique et exotérique ; la forme d'œuvre y rejoint l'efficacité protreptique.
  • Par son retournement enfin : dans sa perfection même, il contient en germe le facteur létal  par quoi Le Séminaire sera défait, depuis le premier livre jusqu'au dernier.
Le Lacan de ce temps fait songer au Wittgenstein du Tractatus :

  • il faut se taire sur ce qui ne se laisse pas dire ;
  • il faut montrer ce sur quoi on ne peut que se taire.
Or, Lacan se tait et Lacan montre.

Si le mathème est aboli, on ne peut plus dire, seulement montrer ; or Lacan ne  fait
plus que montrer, donc le mathème a été aboli, et avec lui le galiléisme en psychanalyse.

Le
logion de Lacan : « la Nature a horreur du nœud » entraîne une conséquence radicale : si le nœud est une lettre mathématique, alors la Nature et quelque lettre mathématique pourraient être incompatibles, ce qui s'oppose à l'axiome fondateur de la science moderne.
Donc :

  • ou bien la science mathématisée est abolie, et le doctrinal de science tombe, entraînant le second classicisme, en ce qu'il a de commun avec le premier ;
  • ou bien le nœud n'est pas une lettre, donc pas un mathème, et le second classicisme est aboli, en ce qu'il a de distinct du premier. On perd à tout coup.

Le second classicisme a passé, à l'instant où il paraissait s'accomplir.

On n'est pas loin du "problème de Wittgenstein". Supposons qu'il y ait antinomie, frontière réelle et infranchissable, entre dire et montrer.

  • ce qui ne se dit pas se montre et il faut s'en taire ;
  • ce qui se montre se montre par des tableaux. Au rang de ce qui ne se dit pas, il y a la vérité de ce qui se dit, d'où les tables de vérité.

Lacan considère que le problème de Wittgenstein ne conduit pas au devoir de silence. Il faut parler et dire la vérité.

Car le silence est impossible : « Moi la vérité, je parle » ; ce dont on ne peut pas parler ne consent pas à se taire. L'inconscient, c'est justement cela.

Impossible de parler, impossible de ne pas parler. De là, les stratégies du mi-dire. « La vérité ne se dit pas toute ». Dire, c'est assembler ce qui est radicalement étranger à soi-même.

Déjà, le signifiant, dans le premier classicisme, émergeait à l'entrechoc du voilement et du dévoilement.

Au temps du second classicisme, l'éthique du bien dire se pose en symétrique inverse de : « Sur ce dont on ne peut pas parler, il faut garder silence ». Bien dire, c'est conjoindre ce qui ne peut pas être conjoint ; dispositif antiwittgensteinien.

Wittgenstein : « pour tracer une frontière à l'acte de penser, nous devrions pouvoir penser les deux côtés de cette frontière (nous devrions donc pouvoir penser ce qui ne se laisse pas penser) ».

L'inconscient est une frontière à l'acte de penser, dont la psychanalyse, dès Freud, pense à la fois les deux côtés. Dans l'objet freudien réside ce battement dont le mi-dire lacanien est le répondant.

La Spaltung qui refend le sujet (l'inconscient), et l'hétérologie qui scinde et recoud les dits, sont solidaires, si la psychanalyse est vraie.

Or le nœud a entravé le mi-dire comme moyen du bien dire, ce qui est une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible, c'est que la vérité ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas.

Si Wittgenstein l'emporte, si le nœud l'emporte sur l'écrit, Lacan n'est pas seul détruit.

Milner conclut seulement à un dépérissement du second classicisme. La cause en est l'émergence du nœud, qui désamarre l'instance de la lettre.

Après la fin du second classicisme, un seul problème demeure :

  • quels rapports entretiennent (incompatibilité, équivalence ?), le « c'est montré » et le « c'est écrit » ?

La solution n'a pas été développée.

De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais il n'était pas le dernier mot.


 



Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé :
analyscience, linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel

Keywords :
analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel

Schlüsselwörter :
analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, Subjiciel

Palavras-chaves :
analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave :
analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave :
analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel
Repost 0
28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 09:15
Régis Debray, qui a su dans l’ensemble faire preuve de discernement dans l'affaire Sokal-Bricmont(1), ce pour quoi il mérite notre considération, suscite en revanche notre critique pour son "contre-sens" (terme provisoire, qui sera remplacé après explication) sur les rapports de l'image et du signe linguistique dans son livre de 1994, Manifestes médiologiques, seconde partie, chapitre III intitulé "Image n'est pas langage".
(1) Le Monde, 18 mars 1997, pages 1 et 17. Savants contre docteurs

 

Le livre Manifestes médiologiques est ainsi présenté par l'éditeur :
« La route des savoirs positifs est-elle en S ? Après le tournant sémiologique des années soixante, le tournant médiologique amorcé par une nouvelle génération de chercheurs repart en sens inverse.
Hier, dissiper l'illusion du naturel à l'aide des systèmes de relations logiques nous a libérés de l'empirisme et de l'incantation psychologique. Il s'agirait à présent de dissiper l'illusion du signifiant, en s'évadant des scolastiques du code, afin de retrouver le monde, ses matériaux, ses vecteurs et ses techniques. Et ce sera de nouveau une libération.
Non seulement déconstruire, mais reconstruire. C'est dans cette perspective que Régis Debray a placé ces deux mémoires de soutenance en Sorbonne (thèse d'Université, 1993, et habilitation à diriger des recherches, 1994). »
                           * * * * * 
De prime abord nous pouvons remarquer que R. Debray semble méconnaître l'existence des langues à écriture non alphabétique (égyptien hiéroglyphique, sumérien, akkadien, crétois, hittite, chinois) qui, par l'emploi de rébus graphiques, nous mettent sur la piste d'un statut possible des images dans un psychisme déjà structuré par le langage, remettant donc en question chez l’humain l’opposition traditionnelle entre verbal et non-verbal.
Notre contre-argumentation portera entre autres sur la différence entre au moins trois types d'images, avec un doute sur la question de savoir si celles dont parle R. Debray sont dotées d'une existence autre... qu'imaginaire (un Imaginaire, ou plus précisément une fantasmatique partagée par des locuteurs dont l'Analyse des Logiques Subjectives© (A.L.S.©) fera le portrait).
Pour vous mettre en appétit, examinez à l'aide de l'A.L.S.© ce tableau de l'auteur. Ne remarquez-vous rien ?

 

  IMAGE

LANGAGE 

NATURE (Phusis)

 

CULTURE (Nomos)

 

PRINCIPE PASSIF

la matrice

matière réceptacle

(concave)

    PRINCIPE ACTIF

la semence

forme informante

(convexe)

LE CORPS

  L'ESPRIT

FÉMININ

(sensualité, laxisme)

  MASCULIN

(austérité, puritanisme)

MIMÉTISME (tromperie)

SYMBOLISME (certitude)

PRINCIPE DE PLAISIR

(séduction)

PRINCIPE DE RÉALITÉ

(correction)

VALEURS DU SENSIBLE

art, instinct, intuition

VALEURS DE L'INTELLIGIBLE

savoir, recul, déduction

ANTIVALEURS DU CHAUD

pollution, impureté, maladie

ANTIVALEURS DU FROID

violence, répression, aridité

COPIE

(assure la reproduction)

ORIGINAL

(assure la procréation) 

ENTITE MÉDIATRICE

(le "par où")

La Vierge. Ou la mise en scène

ENTITE MÉDIATISÉE

(le "quoi"))

Le verbe. Ou le scénario

TRIDIMENSIONNEL

(populaire, accessible)

BIDIMENSIONNEL

(élitaire, escarpé)

ESPACE

("Space is a woman")

TEMPS

("Time is a man", W. Blake)

CONTINU

DISCONTINU

POLYTHÉISME,

péché

MONOTHÉISME,

salut.

 

 
Voici d'autre part quelques unes des phrases de Régis Debray qui méritent un commentaire approfondi et pour le moins critique :
« Tout ce régime quotidien de métaphores quand nous parlons de "lire les images", du "langage du cinéma", "grammaire des styles", "vocabulaire pictural", "syntaxe figurative". »
« Un tableau n'est pas décomposable en unités discrètes relevant d'un système à double articulation. »
« On peut décrypter cet objet, non le décoder. »
« Un panneau est univoque, c'est un signal fermé et on peut parler à juste titre d'un code de la route. Mais l'image qu'on appelle d'art est polysémique, ambiguë. »
« L'image est toujours promesse d'autre chose, équivoque infini, nœud de possibilités. »

[ À suivre, page en construction ]


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous


 


Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.
 

 



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,
hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,  isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel

Repost 0
9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 18:37

[ Texte à peine ébauché. A suivre ... ]


       Ce texte prolonge et précise celui d'Aurore sur son blog Méta-morphê journal d'une analyse :


      "Une image au cours de mon initiation à la psychanalyse ( freudienne ) m'a interpellé : l'oignon. L'oignon représente la structure psychique de chacun, l'exemple est explicite. nous naissons disons, tout nu. Petit être fragile, sensible et complètement dépendant de notre chère mère et de notre père par la suite. Héritier d'un patrimoine génétique inscrit dans nos gènes, nous héritons également de tout une histoire familiale avec ses secrets, ses névroses et son identité. Nous sommes alors, à la naissance nous diront le bulbe, celui de l'oignon. La vie, la société nous impose déjà, au plus jeune âge, ses valeurs et ses règles. Le bébé que nous sommes est confronté à ses premières frustrations, commence alors la construction de ce cher oignon : une couche, une autre au fil de chaque expérience frustrante, traumatisante. Notre futur se construit là : nous, moi, vous sommes en train de créer, malgré nous, la personne que nous seront plus tard avec ses névroses, ses psychoses , son 'caractère' et sa 'personnalité'."


       La métaphore de l'oignon doit être considérée dans son opposition à celle du fruit.

       Comment en psychanalyse représenter la structure psychique du sujet  ?

      Survol de la réponse :

 

       Pour Freud et la psychanalyse classique : quand on pèle un fruit tel qu'un abricot, puis qu'on en ôte la chair, on atteint le noyau. Il existe des tendances innées chez l'individu, recouvertes par les identifications. Quand dans l'analyse on défait ces identifications, on arrive au noyau de notre être : Kern unseres Wesens.

       Pour Lacan et la psychanalyse moderne : quand on pèle un oignon en ôtant les pelures successives on n'atteint aucun noyau : la dernière pelure ôtée, il ne reste que le vide. Quand dans l'analyse on défait ces identifications, on n'arrive à nul noyau, mais au "désêtre", c'est la destitution subjective. Bien sûr, personne ne peut s'y maintenir de façon permanente. Lacan : "Croyez bien, d’ailleurs, que moi-même je ne la rouvre jamais qu’avec précaution [la béance de l’inconscient].

 

      De façon plus détaillée :

 

       Pour Freud et la psychanalyse classique : la nature de l'inconscient n'est pas clairement définie, les métaphores biologiques et énergétiques abondent (libido, pulsions, etc.). En tout cas il n'est pas fait de langage. La parole dans la "talking cure" n'est que le véhicule de l'analyse, permettant de mettre en mots les représentations et conflits inconscients, de trouver "les mots pour le dire". Le noyau de notre être (le moi profond ?) est non-verbal. Pour une disciple comme Mélanie Klein, il existe même dès la naissance un moi capable de ressentir de l'angoisse et d'utiliser contre elle des mécanismes de défense ; c'est dire que ce moi premier n'a rien à faire avec le langage.

 

       Pour Lacan et la psychanalyse moderne : "l'inconscient est structuré comme un langage", les métaphores biologiques et énergétiques peuvent être évitées (à développer). L'inconscient est (pour simplifier) fait de langage, les représentations - même "codées" en rébus - sont verbales, certaines associations de mots ou plutôt de signifiants responsables des symptômes sont indisponibles. La parole dans la "talking cure" est bien plus qu'un simple véhicule, elle permet de retrouver ces signifiants, "les mots déjà dits". Le moi n'est que l'illusion de consistance et d'unité créée par une couche de l'oignon parmi d'autres, couche absente dans la psychose. Ainsi l'analyse constitue-t-elle une dé-personnalisation suffisamment lente pour pouvoir être supportée de façon intermittente.

 

[ À suivre ... ]

À titre indicatif (approche non psychanalytique mais systémique), cet extrait de l'article :

Parcours de changement pour le systémicien en formation (Philippe Caillé)

La métaphore de l’oignon cognitif
 
      Pour les besoins de la clinique et de l’enseignement, il est utile de construire un schéma relativement simple de l’auto-organisation qui permet au système humain de se donner un projet et éventuellement de modifier ce projet en se ré-auto-organisant.
      Le héros Peer Gynt dans la pièce d’Henrik Ibsen (voir la citation introductrice*) tente un tel effort de schématisation quand, dans la scène où la faim le force à consommer des oignons sauvages, il compare les constructions du monde qui ont guidé les différentes étapes de sa vie, empereur, chercheur d’or, marin, prophète, aux couches de l’oignon qu’il tient en main. Dans cette perspective historique, un récit structurant succède à l’autre comme chaque couche en recouvre une autre, tous aussi véridiques et aussi illusoires, sans qu’on puisse jamais découvrir le noyau que représenterait un monde logiquement vrai, incontestable, non construit.
*citation introductrice :
Le noyau ne va-t-il pas bientôt apparaître ?
(il met l’oignon en pièces)
Rien à faire ! Jusqu’au point le plus profond
Tout n’est que couches – seulement de plus en plus petites
La nature est pleine d’esprit !

Henrik Ibsen (1867) Peer Gynt, 5e acte


À titre indicatif toujours, mais dans une autre direction, voici un extrait de l'Échange, de Paul Claudel:

LECHY ELBERNON
Qu'est-ce que la vérité? Est-ce qu'elle n'a pas dix-sept enveloppes, comme les oignons ?
Qui voit les choses comme elles sont ? L’œil certes voit, l'oreille entend.
Mais l'esprit tout seul connaît. Et c'est pourquoi l'homme veut voir des yeux et connaître des oreilles.
Ce qu'il porte dans son esprit, - l'en ayant fait sortir.
Et c'est ainsi que je me montre sur la scène.


Paul Claudel, l'Échange (1ère version), Mercure de France.




  ****** N'oubliez pas de visiter le reste de ce site ! ******


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous




Français

L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, sémantique, microsémantique, microsémantique du fantasme, logique de la déraison, lexicologie, subjilecte, métaphore, paradiastole, isotopie subjective, homonyme, homonymie, pseudosynonyme, pseudosynonymie, psychanalyse, Lacan, Réel Symbolique Imaginaire, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, logique, logique libre, poésie, littérature, surréalisme, antiphilosophie, Charles Baudelaire, traduction, malentendu, dialogue de sourds, expressions figées, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, formations de l'inconscient, rêve, rébus, lapsus, oubli, acte manqué, mot d'esprit, interprétation, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, points de vue, la subjectivité comme artifice, prothèse psychique,homéopsychie, subjectivité artificielle, machina subjectiva, argot, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, propagande, propagande et psychanalyse, psychanalyse et propagande, neurosciences, neurosciences et psychanalyse, psychanalyse et neurosciences, approche logiciste, Jean-Claude Gardin, cognisème, subjisème, galiléisme, galiléisme étendu, science galiléenne, identification cognitive, identification subjective

 


Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, semantics, microsemantics, microsemantics of phantasy, logics of irrationality, lexicology, subjilecte, metaphor, paradiastole, subjective isotopy, homonym, homonymy, pseudo synonym, psychoanalysis, Lacan, Real Symbolic Imaginary, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, logics, free logics, poetry, litterature, surrealism, antiphilosophy, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, unconscious, dream, rebus, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, machina subjectiva, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, propaganda, propaganda and psychoanalysis, psychoanalysis and propaganda, neurosciences, neurosciences and psychoanalysispsychoanalysis and neurosciences, logicist approach, Jean-Claude Gardin, cogniseme, subjiseme, galileism, extended galileism, extended galileanism, galilean science, cognitive identificationsubjective identification


Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,  isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel
Repost 0
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:26

L’ANALYSE DES LOGIQUES SUBJECTIVES

colombe.gif

 

       Je compte mettre en ligne bientôt, sur ce blog et sur l'autre ("INCONSCIENT ET LANGAGE" : http://langaginconscient.zeblog.com) un résumé "pour grands débutants" sur les rapports entre linguistique et psychanalyse avec quelques repères bibliographiques.

 

       En attendant, voici sur YouScribe le

 Préambule épistémologique à l'article de "Marges Linguistiques"


[ page en construction ]



A suivre ...




Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,
hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche,  isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel
Repost 0
8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 09:40
Voici un nouvel extrait du livre de Marie Cardinal "Les mots pour le dire", pages 200 à 204, qui selon nous témoigne (à côté de nombreux autres exemples cliniques) de l'inutilité d'une hypothèse de Freud, celle de la complaisance somatique.

L'hypothèse de Freud :

« Les processus psychiques sont dans toutes les psycho-névroses, pendant un bon bout de chemin, les mêmes, c'est ensuite seulement qu'entre en ligne de compte la complaisance somatique qui procure au processus psychique inconscient une issue dans le corporel. Là où ce facteur ne joue pas, cet état n'est plus un symptôme hystérique mais quand même quelque chose d'apparenté, une phobie par exemple ou une obsession, bref, un symptôme psychique ». [Freud, Cinq psychanalyses, PUF, Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora), pages 33 et suivantes.]

Et l'extrait des "Mots pour le dire" :

(contexte : le rejet haineux de Marie Cardinal par sa mère exposé dans le billet Marie Cardinal et sa mère)

"Je n'arrivais à fixer longuement sur moi l'affection et l'attention de ma mère que lorsque j'étais malade. [...]

Ma mère venait vers mon lit, elle s'asseyait, elle se penchait vers moi et tâtait plutôt qu'elle n'embrassait mon front et mes tempes. [...]

Ces effleurements rapides et précis me comblaient de bonheur et de tendresse. [...]

Non seulement elle me soignait, mais elle restait là, près de moi, silencieuse, occupée par une lecture ou par un ouvrage. [...]

La voix de ma mère s'élevait pour m'endormir, me bercer, douce, pleine, un peu basse. [...]

Elle me bordait, tâtait encore mon front : - Maintenant tu vas dormir, ma petite fille chérie. Elle me parlait comme je l'avais entendue parler à son enfant [une soeur aînée morte précocément] dans la tombe au cimetière. Sa voix et ses mains me caressaient.
Ah, je le tenais, son amour ! Comme c'était beau, comme c'était simple. Je m'endormais béatement, bouillante de fièvre. [...]

Puis la guérison venait et la vie reprenait comme avant. Dès l'instant où je n'étais plus physiquement faible, elle se redressait et s'éloignait, elle retournait à ses pauvres, à ses malades. Il me restait le souvenir précieux de son attention et de sa présence [...]



                                                       Analyse détaillée dans quelques jours ...


       En attendant, un constat fort pertinent de Michel Larroque (Site personnel)

       "Evoquera-t-on une « complaisance somatique » qui favorise la conversion ? C'est désigner le problème, et non pas le résoudre. Freud d'ailleurs semble reconnaître l'insuffisance de cette hypothèse, tout aussi verbale que l'affirmation de « l'instabilité particulière des molécules nerveuses ». Et pourtant, de son propre aveu, cette énigme est le problème même de la spécificité de l'hystérie par rapport aux autres psycho-névroses.
       Ainsi, le mécanisme général de la névrose dégagé par Freud n'explique pas le choix de la névrose.

      Ce problème n'a jamais cessé de préoccuper Freud."

 


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
The A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.

Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner.

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner.


Repost 0
23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 22:19


Cet article, cosigné par Eliane Pons, est paru dans la revue Psychodrame en 1981. En voici le texte :



GROUPE, INDIVIDU, SUJET




     La plupart des études psychosociologiques et des travaux psychanalytiques sur la psychologie sociale admettent l'existence des groupes et des individus, que leurs rapports soient pensés sur un mode idéologique ou analogique comme dans Totem et tabou par exemple (1). Cette existence, qui paraît aller de soi, nous semble être à préciser, sinon à discuter.

      (1) Voici l'hypothèse de Freud : "Il n'a sans doute échappé à personne que nous postulons l'existence d'une âme collective dans laquelle s'accomplissent les mêmes processus que ceux ayant leur siège dans l'âme humaine" (S.Freud 1912, 1970, Payot).


     Une phrase critique de Jacques Lacan (2), écrite à propos de la dissolution de l'École Freudienne, va nous servir de fil conducteur pour commenter les trois termes qui figurent dans notre titre : "Le groupe se définit d’être une unité synchrone dont les éléments sont les individus. Mais un sujet n’est pas un individu". (3)

      (2) Lettre parue dans Le Matin du 10.3.80 - C'est nous qui soulignons.
      (3) Il n'y a pas chez Lacan de "théorie" du groupe. Tout au plus parle-t-il d' "effet de groupe constitué" (lettre du 11.1.80 publiée dans Le Monde). Ce qu'il dit du groupe s'intègre dans une "théorie" plus large, celle du sujet dans son rapport à l'objet "a".


     Qu'est-ce donc que cette supposée unité qui semble être le dénominateur commun au groupe et à l'individu ?

      L'unité de l'individu est paradoxale.

      En effet, nous nous le représentons comme une unité composée d'un corps et de quelque chose d'autre que nous appelle âme, esprit pensée ou encore psychisme (1er paradoxe). Remarquons aussi que nous employons l'adjectif possessif lorsque nous voulons parler de notre corps ou de notre esprit. Nous disons, si nous nous posons la question de savoir à qui appartient ce corps, qu'il est à moi, que ce moi soit celui des philosophes ou celui des premiers analystes.

      Aux deux termes précédents vient s'en ajouter un 3ème qui désigne le propriétaire (2ème paradoxe).

      Ce moi est lui même divisible en plusieurs autre moi (3ème paradoxe). Dans le langage courant la forme pronominale "je me dis que" montre que le moi peut figurer tantôt en position d'objet tantôt en position de sujet de l'action. Ce moi est donc au moins double. Il devient multiple dans la théorie analytique où nous pouvons trouver des moi-tout, des moi clivés, des parties du moi etc.

      On voit donc apparaître, au fil de ces distinctions, une démultiplication du soi-disant "individu", analogue à celle dont l'atome est l'objet. En ce sens, les sciences humaines sont en crise, au même titre que la physique des particules, dans la mesure où les "théoriciens" n'ont pas encore renoncé à la notion imaginaire d'unité. Dire de l'individu qu'il est à la fois multiple et unique en le désignant par le pronom personnel ou le nom propre est aussi éminemment paradoxal. Grâce au nom propre nous affirmons, dans le temps, l'identité d'un réel qui change. Le nom propre désigne successivement une virtualité sans support réel (l'enfant fantasmé), le corps non parlant, puis support de la parole (ce que nous appelons "la personnalité"), le souvenir de ses paroles ou écrits posthumes. Il est l'étiquette collée sur le "casier judiciaire" qui va recevoir l'ensemble des dénominations dont "l'individu" ainsi nommé fait l'objet dans sa vie. Le paradoxe lié à l'emploi du nom propre consiste donc à rassembler sous un même chef la diversité des déterminations que reçoit "l'individu". Qu'en est-il alors de "l'unité synchrone" dont parle Lacan à propos du groupe ?

      "Synchrone" signifie simultané. En physique la notion de simultanéité semble perdre son sens depuis la théorie de la relativité. La simultanéité suppose l'existence d'une vitesse infinie ; or nous savons que la lumière met du temps pour aller d'un point à un autre. Autrement dit, il n'existe qu'une vitesse limitée. Il nous est par conséquent impossible d'affirmer la coexistence synchrone, simultanée, d'au moins deux points dans l'espace. Même l'instantané photographique ne peut prétendre fixer sur la pellicule une image faite de points parfaitement synchrones : le temps d'exposition de la pellicule ne peut jamais être nul. La synchronie semble donc difficile à prouver du point de vue du discours scientifique. C'est pourtant cette notion imaginaire que nous invoquons pour affirmer l'existence d'un tout unifié (fût-il éphémère), rassemblé en un même lieu, auquel nous attribuons "l'être".

       Nous allons montrer à présent à l'aide d'un exemple très approximatif comment il nous est possible d'imaginer cette autre caractéristique de l'être qu'on appelle la permanence (4). Supposons que l'on photographie un objet "immobile" que l'on filme, par la suite, pendant une durée X. Si nous projetons "simultanément" la diapositive (plan fixe) et le film, nos yeux ne font pas la différence, du fait de la persistance lumineuse rétinienne. L'image filmée paraîtra aussi fixe que celle de la diapositive. Cependant, un éclairage stroboscopique pourrait faire apparaître la discontinuité de l'image filmée. De même un ralentissement du film en révélerait les saccades. Là où nous voyons une continuité de l'image dans le temps existe en fait un processus de répétition d'images apparemment identiques. Le simple fait de la répétition nous permet d'affirmer l'identité de l'image (ou d'un objet, d'une parole), etc.
      (4) Par permanence nous entendons l'unité et la continuité dans le temps.

      Voyons comment, à l'aide d'un autre exemple, nous sommes obligés, si nous voulons décrire une scène quelconque, d'énumérer dans le temps une série de propriétés. Si dans deux énumérations successives, A1 et A2, nous constatons la répétition de n prédicats X1 et Y1 pour A1, X2 et Y2 pour A2, nous affirmons qu'il existe un être A fait de la totalisation de ces propriétés supposées permanentes, appelées dorénavant X et Y.

      Voyons comment, à l'aide d'un autre exemple, nous sommes obligés, si nous voulons décrire une scène quelconque, d'énumérer dans le temps une série de propriétés. Si dans deux énumérations successives, A1 et A2, nous constatons la répétition de n prédicats, X1 et Y1 pour A1, X2 et Y2 pour A2, nous affirmons qu'il existe un être A fait de la totalisation de ces propriétés supposées permanentes, appelées dorénavant X et Y.

      Nous pensons que cet être est affecté par des modifications (les propriétés qui ont changé entre A1 et A2) sans que sa nature en soit modifiée. Nous affirmons que, fondamentalement, c'est bien du même "être" qu'il s'agit, A1 et A2 étant deux moments de son histoire. Cette supposition est au principe du moindre énoncé grammatical. Lorsque nous disons "je vais à la pêche", le "je" en question reste inchangé : il est simplement soumis à un changement d'état (l'action d'aller à la pêche). Une distinction est faite entre une série de prédicats non soumis à l'action du temps (désignés par le "je") et des prédicats susceptibles de changer. "Je" apparaît comme le nom donné à cette série de prédicats "immuables" (le noyau de l'être), qui sont des signifiants qui se répètent dans le discours du sujet, du fait des identifications.

      Nous répétons lorsque nous entendons parler "quelqu'un", des séquences de signifiants qui se répètent, pour décréter ensuite qu'elles forment un tout appelé "personnalité". Cette personnalité est représentée comme la propriété d'une "personne" supposée elle -même totale. Nous pouvons repérer là les deux opérations par lesquelles nous attribuons une identité à ce qui, dans le réel, n'en a pas. La première consiste à sélectionner et extraire ce qui, dans le discours, se répète, la seconde à substituer la permanence à la répétition. Nous supposons en effet que ce qui se répète existe entre ses différentes apparitions (cf le Jeu du Fort-Da). Ainsi affirmons-nous l'identité de la personne à elle-même.

      En fait, du point de vue de la logique du signifiant, donc du discours analytique, il ne saurait y avoir d'identité du signifiant à lui-même, ne serait-ce que parce qu'il est énoncé dans le temps (5). Un seul signifiant ne peut produire un effet de sens : celui-ci ne peut résulter que d'une séquence ordonnée de plusieurs signifiants.

      (5) La n + unième occurrence d'un signifiant est différente des n précédentes (c'est seulement ainsi que les signifiants peuvent changer de "sens" au cours de l'histoire des langues naturelles).

      Peut-on dès lors soutenir que le groupe existe en tant qu'entité ? Peut-on encore le représenter comme une totalité dotée d'un extérieur et d'un intérieur ?

      Nous pensons qu'il n'existe pas plus de groupe pensé comme totalité que d'individu, si ce n'est dans l'imaginaire. L'imaginaire qualifie ici un certain nombre de croyances : croyance en l'identité, l'unité, la totalité, la complétude, la consistance, l'être ou l'essence de quelque chose, c'est-à-dire les postulats de la phiosophie et de la psychologie (6). Seul le signifiant "groupe" existe (7).

      (6) Ces postulats sont d'autant plus indiscutés qu'il paraissent relever du bon sens ou de l'évidence. La totalité, l'unité, ne préexistent pas à l'apparition d'une parole qui viendrait les nommer. C'est bien plutôt le fonctionnement de la parole qui fait apparaître cette croyance à l'UN totalisant (que Lacan appelle auss "l'un-de-sens" pour marquer le caractère imaginaire de ce dernier).
      (7) Signifiant et non pas concept dans la mesure où "concept" renvoie à l'idée dce totalité, d'unité et de permanence, caractéristiques qui sont celles de l'imaginaire. "Concept" vient d'ailleurs de "con-capere", métaphore qui signifie "prendre ensemble".


      L'existence de ce signifiant n'implique pas pour autant l'existence d'un référent. Le groupe en tant "qu'objet" ne saurait être classé parmi les objets physiques. En fait, il n'y a pas de réel du groupe, mais une fiction appelée groupe, qui n'est pas plus sujet du discours que ne l'est l'individu.

      De même, il n'existe pas de "théories" du groupe. Les "théories" comme les "techniques" ne sont en fait que du discours. Un acte, une théories voire le silence présupposent la parole et ne sont par conséquent que des effets de discours. Ce que nous appelons "théorie"  est un discours censuré duquel les associations libres qui ont conduit à l'écriture du texte ont été effacées. En ce sens, la dite "théorie"  dont le groupe serait l'objet s'éloigne de ce que pourrait être un discours analytique sur les groupes. Peut-on d'ailleurs, comme se le demande J.-A. Miller 1980 (8) dans son commentaire sur la dissolution de l'École Freudienne, tenir un discours analytique sur les groupes ? Il nous semble possible d'attribuer plusieurs sens à ce terme :celui d'association libre ou celui de commentaire. Tenir un discours analytique ce pourrait être, au même titre que l'analysant, associer à propos du groupe. Ce pourrait être aussi faire un commentaire sur son propre dire, c'est-à-dire tenir un discours collectif qui présenterait un caractère logique (9). Des énoncés pourraient, dans ce cas, se répéter du seul fait de la persistance du réel. Par exemple la proposition E = mC2 ne peut qu'être répétée dans la mesure où elle est censée décrire une loi du réel incontestable pour le moment.

      (8) Intervention citée par Jacques Nobécourt dans son article "La dissolution de l'École Freudienne" paru dans Le Monde du 11 janvier 1980.
      (9) La question d'une répétition qui ne soit pas que névrotique se pose alors.

      Si la "théorie" n'est pas du discours analytique, qu'est-elle donc ? Du discours métaphorique, c'est-à-dire du fantasme (10).

      (10) Le discours de l'analyste est en continuité avec celui de l'analysant qu'il a été. Comme il est très difficile de définir les critères de fin d'une analyse, il est probable que nombre "d'hypothèses théoriques" proposées par un analyste donné sont de nature aussi fantasmatiques que celles qu'il se formulait, en tant qu'analysant, sur le sens et le but de son analyse.

      Précisons ici ce que nous entendons par fantasme et discours métaphorique.

      On peut distinguer, dans ce qui s'entend ou se lit lorsqu'un sujet parle ou écrit, ce qui est grammatical de ce qui ne l'est pas.

      L'agrammatical concerne non seulement les rêves en temps que rébus, les lapsus, les mots d'esprit, mais aussi plus généralement les associations par assonance. L'inconscient fonctionne sur ce mode-là.

      Le grammatical comporte d'une part des énoncés revendiqués par le sujet, le "je" (c'est là le fonctionnement imaginaire), d'autre part des énoncés associatifs où le "je" n'apparaît pas. C'est ce que nous appellerons fantasme.

       " Le fantasme est un montage grammatical où s'ordonne suivant divers renversements le destin de la pulsion, de telle sorte qu'il n'y a plus moyen de faire fonctionner le "je" dans sa relation au monde qu'à le faire passer par cette structure grammaticale" (Scilicet 1970, 2-3, p.241). Il consiste dans la mise en relation d'un sujet et d'un objet par des métaphores évoquant le fonctionnement d'une pulsion.

      Par exemple, dans l'analyse du rêve de la monographie botanique, Freud se compare à un "Bücherwurm, c'est-à-dire à un "ver de livre" (ce que l'on traduit en français par l'expression "rat de bibliothèque"). Examinons en quoi l'énoncé "un ver dévore un livre" est fantasmatique au sens où nous venons de le définir. Le ver représente Freud (S.Freud, 1900, 1971, p.155), le livre sa mère, la "chose" à laquelle son père tenait le plus. "Dévore" est une métaphore orale qui indique le type de relation que le sujet entretient avec l'objet.

      On constate, en entendant un sujet parler, que certaines métaphores reviennent d'une manière répétitive. C'est à ces séries métaphoriques que nous donnons le nom de discours. En ce sens, on ne peut pas dire qu'il existe une "théorie" freudienne du groupe, mais seulement un discours signé Freud dans lequel nous pouvons retrouver toutes les séries métaphoriques qui caractérisent le discours de l'hystérique, de l'obsessionnel et du Maître. Prenons par exemple ce que Freud dit de la psychologie collective. Son discours est métaphorique dans la mesure où il reprend, dans la critique qu'il fait des théories de Le Bon et Mac Dougall, les métaphores que ces auteurs emploient, mais aussi parce qu'il rend compte des phénomènes collectifs à l'aide de sa métapsychologie. En décrivant comme objets unifiés et distincts, non seulement l'individu, le groupe et la foule (qu'il représente comme autant de sphères concentriques emboîtées les unes dans les autres), mais aussi des objets de taille intermédiaire comme la dyade et la famille, Freud peut ensuite fantasmer sur ces objets, c'est-à-dire en parler métaphoriquement.  Néanmoins, son discours n'est pas seulement fantasmatique. Il est u moment dans l'énonciation du discours analytique. "L'insignifiant", en effet, est digne de son intérêt (11), et les associations qu'il fait à propos des métaphores choisies font apparaître celles-ci comme des survivances (12). Par exemple l'individu, pour Freud, n'est plus doté d'une conscience souveraine ; il n'est plus un, mais divisé. Derrière l'individu se profile le sujet de l'inconscient tel que J. Lacan le définit notamment dans les chapitres III et IV du Livre XI.

      (11) Bien que dans Psychologie collective et analyse du moi (1921) Freud travaille sans ses propres associations ni celles de ses patients.
      (12) En appliquant au groupe ou à la foule des découvertes faites avec ses patients, Freud ne fait qu'apliquer à ce que nous appelons "subjectivité" des découvertes concernant la subjectivité. Il ne s'est pas formulé que l'individu et le groupe sont les deux modes sous lesquels on s'imagine localiser la subjectivité.

      La notion de sujet (13) pourrait rendre caduque la classique opposition de l'individu et du groupe, ainsi que les distinctions faites entre la famille, le groupe élargi et la société. L'histoire des sciences n'est-elle pas marquée par la faillite des dichotomies ? (14) Cette notion reste cependant ambiguë dans la mesure où le terme de sujet continue à désigner des individus biologiques. C'est pourquoi nous préférons employer le terme de subjectivité, qui n'implique pas l'idée d'un individu comptable. Subjectivité ne désigne pas ici le contraire d'objectivité, ou ce qu'on oppose au rationnel dans le jugement par exemple, ni l'ineffable, mais des séquences de signifiants qui se répètent d'une façon non aléatoire. Pour nous la subjectivité peut se décrire en termes de discours qui ne renverraient ni à un corps, ni à une localisation. Rappelons que nous entendons par discours des séries métaphoriques fictives, qualifiant l'objet du désir de la mère, que le sujet répète, et qui sont susceptibles d'être modifiées par l'analyse*. C'est pourquoi nous devrions aussi interroger la façon dont les rapports de "l'individu" au "groupe" sont imaginés dans le discours. Mais ce thème pourrait à lui seul faire l'objet d'une autre étude.

      (13) Lacan : "je me distingue du langage de l'être (...) cet être, on ne fait que le supposer à certains mots, individu par exemple, ou substance. Pour moi, ce n'est qu'un fait de dit (...). C'est là que j'arrive au sens du mot sujet dans le discours analytique. Ce qui parle sans le savoir me fait je, sujet du verbe (...). Le je n'est pas un être, c'est un supposé à ce qui parle" (Lacan 1975, p. 107, 108, 109).
      (14) Par exemple la notion de longueur d'onde rend vaine la séparation qui était établie entre l'optique et l'acoustique comme domaines séparés de la physique. De même l'opposition entre espace et temps, matière ete énergie disparaît au profit d'autres façons d'écrire le réel..

Eliane Pons et Jean-Jacques Pinto


* note de 2014, au moment de la publication de cet article sur FaceBook :  ces séries métaphoriques, qualifiant l'objet du désir de la mère, et que le sujet répète, sont déjà dans ce texte l'ébauche de ce qui deviendra, à partir de 1983, l'Analyse des Logiques Subjectives... 

VOIR ICI : Linguistique et psychanalyse : pour une approche logiciste (pages 88-113)


ET ICI : Fac-simile de la page sur l'A.L.S. dans WIKIPEDIA

      
[ Dans une des notes de ce texte s'était glissée une énorme "bourde", que nous n'avons repérée qu'à la lecture de l'article publié. Saurez-vous la détecter, montrant ainsi que votre sens critique n'est pas émoussé par l'éventuelle approbation que vous inspirerait ce texte ? Ceci en plus des commentaires et/ou questions que vous voudrez bien ajouter]

 

 


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous


 



Français

L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire. C'est une microsémantique du fantasme.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, sémantique, microsémantique, microsémantique du fantasme, logique de la déraison, lexicologie, subjilecte, métaphore, paradiastole, oxymore, isotopie subjective, axiologie, homonyme, homonymie, pseudosynonyme, pseudosynonymie, psychanalyse, Lacan, Réel Symbolique Imaginaire, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, logique, logique libre, poésie, littérature, surréalisme, Hocquenghem, Charles Baudelaire, traduction, malentendu, dialogue de sourds, expressions figées, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, formations de l'inconscient, rêve, rébus, lapsus, oubli, acte manqué, mot d'esprit, interprétation, antiphilosophie, anti-philosophie, Cyrano, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, points de vue, la subjectivité comme artifice, subjectivité, subjectivité artificielle, machina subjectiva, argot, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, homéopsychie, propagande, propagande et psychanalyse, psychanalyse et propagande, neurosciences, neurosciences et psychanalyse, psychanalyse et neurosciences, approche logiciste, Jean-Claude Gardin, Jean Molino, cognisème, subjisème, prothèse psychique, identification cognitive, identification subjective, galiléisme, galiléisme étendu, science galiléenne, malaise dans la civilisation, structuralisme, structure, langage, définition apophatique de la psychanalyse, définition récursive de la psychanalyse

 


Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, semantics, microsemantics, microsemantics of phantasy, logics of irrationality, lexicology, subjilecte, metaphor, paradiastole, subjective isotopy, axiology, homonym, homonymy, pseudo synonym, psychoanalysis, Lacan, Real Symbolic Imaginary, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, logics, free logics, poetry, litterature, surrealism, antiphilosophy, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, unconscious, dream, rebus, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, machina subjectiva, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, propaganda, propaganda and psychoanalysis, psychoanalysis and propaganda, neurosciences, neurosciences and psychoanalysispsychoanalysis and neurosciences, logicist approach, Jean-Claude Gardin, cogniseme, subjiseme, galileism, extended galileism, extended galileanism, galilean science, cognitive identificationsubjective identification


Schlüsselwörter : Analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel, machina subjectiva

Palavras-chaves : analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Palabras-clave : analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel, machina subjectiva

Parola-chiave : analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, Montaigne, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel, machina subjectiva

Repost 0
5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 13:19

 

L’ANALYSE DES LOGIQUES SUBJECTIVES

colombe.gif

 

 

LOGIQUE DES ÉNONCÉS PSYCHOTIQUES 

Jean-Jacques Pinto

Psychanalyste, formateur et conférencier

Aix-Marseille 

  

   

(Des passages de ce texte de 1984 ont été incorporés dans ma conférence sur la psychothérapie des psychoses, mais il procède d'une approche globale différente, ce qui justifie sa publication qui n'est donc pas redondante)

 

 

 

         La démarche que je vais suivre dans cet exposé va être assez particulière.

 

         On dit couramment: « il y a LA PSYCHOSE, LA NÉVROSE, LA PERVERSION », etc..., ou "LE PSYCHOTIQUE, LE NÉVROTIQUE, LE PERVERS", etc... Assez vite on en vient à parler alors de STRUCTURE, soit en opposant structure névrotique et structure psychotique par exemple, soit en disant: les non psychotiques sont structurés comme ceci ou comme cela, tandis que le psychotique lui est destructuré.

 

         Ce mot STRUCTURE est une MÉTAPHORE dont l'étymologie est celle du mot construction, et qui ne peut manquer d'évoquer l'image d'une charpente, d'une ossature, favorisant peut-être l'assimilation de ces structures psychopathologiques avec les différents types de squelettes rencontrés dans les espèces animales. De fait on a affaire dans les deux cas à une classification, à une taxinomie portant sur des ÊTRES supposés, même si on se montre nuancé, "souple", par exemple en décrivant des formes de passage, des états-limites etc...

 

         Un emploi plus subtil du mot structure, recourant à la topologie et à une combinatoire de lettres, requiert une analyse et une critique plus fines, que je n'aborderai pas aujourd'hui.

 

         Pour ma part j'utiliserai plutôt le mot LOGIQUE, dérivé de LOGOS, puisque ce que je cherche à décrire, ce sont des énoncés. Ce mot lui-même n'est pas exempt de critiques... Au lieu d'opposer des énoncés dits PSYCHOTIQUES à des énoncés dits NON PSYCHOTIQUES, je vais au contraire chercher à montrer qu'ils concordent sur une majorité de points, et que les différences qui existent pourtant bel et bien entre ces énoncés ne sont pas celles que l'on a coutume d'évoquer, par exemple quand on dit que le texte névrotique serait déchiré mais raccommodable alors que le texte psychotique présenterait un trou, une perte de substance irrémédiable.

 

POINTS COMMUNS :

 

PREMIER POINT COMMUN :

         Le corps humain en tant qu'organisme biologique a la propriété de répéter des perceptions de toutes sortes, et c'est là tout simplement la mémoire. De ce fait toute perception qu'il répète est une perception sans objet (définition même de l'hallucination !!!)

         C'est donc une machine à répéter des perceptions de toutes sortes, dont les paroles ; le discours parental se répète aussi chez le psychotique

 

DEUXIÈME POINT COMMUN :

         Parmi ces perceptions qui se répètent, il y a de la parole. Donc aussi bien chez celui que tiendra des énoncés psychotiques que chez celui qui tiendra des énoncés non psychotiques, la parole est connue. Dire « le psychotique n'a pas accédé au symbolique » n'est pas fondé : ça ne pourrait se dire que de l'enfant- loup ou de l'enfant sauvage.

         Cette parole entre en répétition d'elle-même, « ça parle", et ça parle « tout seul » comme on dit « il pleut », "il" étant impersonnel : il n'y a pas d'auteur à la parole. A rapprocher de l'automatisme de répétition

 

TROISIÈME POINT COMMUN :

         Dans les énoncés psychotiques et non psychotiques, on trouve la même bipartition, qui est la suivante :

         Il y a reconnaissance, pour certaines perceptions, qu'elles sont sans objet actuel, qu'elles répètent des perceptions passées. On les nommera SOUVENIRS.

         Le Président Schreber, quoique tenant des énoncés psychotiques, sait très bien qualifier du nom de souvenirs certaines des perceptions qui se présentent à son esprit. Exemples?

         À l'inverse, il y a méconnaissance, pour certaines perceptions, qu'elles sont également en répétition, avec d'éventuelles transformations. On va alors affirmer que ce qui est perçu ici et maintenant surgit pour la première fois et ne doit rien au passé : on va nier la dimension temporelle de la répétition.

         C'est le cas pour nombre de paroles qui se présentent à l'esprit spontanément. “créativité”, oubli d’une expérience antérieure

 

QUATRIÈME POINT COMMUN :

         Une autre méconnaissance commune aux énoncés psychotiques et non psychotiques porte sur le fait que des phénomènes incontestablement non verbaux sont soit appelés, convoqués par du VERBAL (les affects et les images qui surgissent après un mot entendu ou lu, quand on lit un roman par exemple), soit lisibles comme la MISE EN RÉBUS de quelque chose qui est au départ VERBAL :

 

         - le rêve avec les images qu'il donne à voir est un rébus

         - le symptôme est un rébus

         - un air de musique qui traverse l'esprit peut être un rébus. Cf traduction et interprétation.

 

CINQUIÈME POINT COMMUN :

         Ni l'énoncé psychotique ni l'énoncé non psychotique n'inventent rien quand leyrs auteurs disent entendre quelque chose. Il n'y a aucun doute à avoir sur le fait que quelque chose est perçu ACTUELLEMENT. La différence entre les deux types d'énoncés va porter sur la réponse à la question « qui le dit, ce que j'entends ici et maintenant ?". cf exemples infra

 

SIXIÈME POINT COMMUN :

         Rechercher « qui le dit » suppose une croyance (commune aux deux types d'énoncés) dans le fait que la parole a un auteur potentiel.

         Énoncé psychotique et énoncé non psychotique sont d'accord pour nier que « ça parle tout seul", et pour affirmer qu'il faut bien que ce soit quelqu'un qui parle.

         On évoque alors comme auteur possible de la parole "JE", qui est le nom qu'on donne à une instance qui coordonnerait les perceptions, en ferait la synthèse. "JE" est le nom d'un être doté de liberté et de volonté, qui échappe à toute détermination antérieure dans le moment où il prend la parole, qui s'est créé lui-même, qui est cause de toutes les actions qu'on lui impute. Il répond donc aux caractéristiques de Dieu, mis à part l'éternité.

         C'est là que survient une différence entre énoncé psychotique et énoncé non psychotique. Je ne prétends pas ici rendre compte de tous les énoncés psychotiques. Je vais simplement parler de ce qui se passe dans l'AUTOMATISME MENTAL, dans lequel le sujet dit « tout ce que je fais ou dis, on me le fait dire ou faire".Dans cet énoncé, "JE" est donc supposé exister : le sujet ne dit pas (comme Lacan) « ce qui parle sans le savoir me fait "JE", sujet du verbe", ou encore « le fait même que je dise "JE" m'est imposé ». Non, il dit « JE existe, mais privé de la liberté et de la volonté auxquelles il aurait droit. L'auteur de ce que j'entends n'est pas MOI, ce qui cause ma parole est EXTERNE : ON me parle".

         L'énoncé non psychotique dira au contraire « JE existe, et est bien l'auteur de ce que j'entends dire dans ma tête en ce moment, la cause de ma parole est INTERNE : JE me parle, et ce faisant je manifeste MON LIBRE-ARBITRE et MA VOLONTÉ".Comment expliquer cette différence entre énoncé psychotique et énoncé non psychotique ?

         Eh bien paradoxalement à l'aide d'un autre POINT COMMUN à ces deux énoncés, et qui est la TRANSFORMATION PRONOMINALE ou plus précisément RÉFLÉCHIE. C'est une hypothèse que nous faisons, et dont la démonstration est en cours.

         Lors de l'IDENTIFICATION de l'enfant par un ou des adultes parlants, que nous nommerons PORTE-PAROLES plutôt que parents, rappelant par là qu'ils peuvent ne pas être les géniteurs, nous allons supposer que tout énoncé de l'adulte de la forme A * B, * étant un verbe, subit chez l'enfant une transformation engendrant les énoncés :

 

                                        B * B

                                        B * A

                                        B * C.

         Par exemple l'énoncé de l'adulte « je le garde » (sous-entendu « parce qu'il me donne entière satisfaction") devient, chez un enfant qu'on qualifiera schématiquement d'obsessionnel :

 

                    - je me garde précieusement

                    - je garde mon ou mes parents (piété filiale, peur obsédante de les perdre)

                    - je garde tout autre objet C (impossibilité de se détacher d'objets même sans valeur apparente).

 

         Dans le cas où l'enfant tiendra des énoncés non psychotiques, que fait le parent, ou plutôt le porte-parole ?

         Avant même que l'enfant parle, il INTERPRÈTE, au moins en partie, le vécu de l'enfant, ses sensations, ses besoins présumés, dans une sorte de délire d'interprétation où il s'imagine savoir d'avance ce que l'autre veut sans même qu'il ait à le dire. On se comprend muettement, c'est l'Amour (cf l'exposé suivant).

         La transformation réfléchie de ce « je le connais, je sais l'interpréter » donne « je me connais, je sais m'interpréter ». L'apogée en est l'énoncé paranoïaque: « j'ai tout compris, et de mon fonctionnement interne, et de ce que veulent les autres sans même qu'ils ouvrent la bouche ».

            À l'inverse le désintérêt du porte-parole pour un enfant mal-aimé, le « je ne sais pas ce qu'il a, et de toute façon je m'en moque", pourrait rendre compte, par la transformation réfléchie, du « je ne sais pas ce que j'ai, ni ce que je suis », d'où l'appel répété vainement à un savoir extérieur, caractéristique des énoncés de type hystérique.

 

         Dans le cas de l'énoncé psychotique, on peut supposer chez le porte-parole un dire du type « je ne veux rien savoir de cet enfant, sinon qu'il est un corps biologique doté de perceptions. Je me refuse à interpréter quoi que ce soit de ce qu'il ressent ou de ce qu'il veut » (A N'INTERPRÈTE PAS B).

         L'énoncé psychotique reprendra à son compte ce refus d'interprétation de l'adulte, comme semblent le prouver ces paroles du Président Schreber :

            « On dit que je suis un paranoïaque, et que les paranoïaques sont des gens qui rapportent tout à eux. Dans ce cas ils se trompent, ce n'est pas moi qui rapporte tout à moi (B N'INTERPRÈTE PAS B), c'est ce Dieu qui parle sans arrêt à l'intérieur de moi par ses divers agents et prolongements. C'est lui qui a la malencontreuse habitude, quoi que j'expérimente, de me faire aussitôt remarquer que cela me vise, ou même que cela est de moi. Je ne peux pas jouer tel air de la Flûte Enchantée sans qu'aussitôt lui qui parle m'attribue les sentiments correspondants, mais je ne les ai pas, moi ».

 

         D'autre part, à partir du moment où l'enfant, répétant la parole de l'adulte, se met à parler, l'adulte va jouer habituellement le jeu de CROIRE QUE L'ENFANT EST L'AUTEUR DE CE QU'IL DIT. Ce « c'est toi qui le dis » devient chez l'enfant un « c'est moi qui le dis » qui va désormais accompagner la répétition à voix haute d'abord, puis in petto des propos de l'adulte (cas des énoncés non psychotiques). En revanche l'absence de ce « c'est toi qui le dis » dans le discours de l'adulte pourrait, c'est notre hypothèse, entraîner l'absence du « c'est moi qui le dis » dans les énoncés psychotiques.

 

         UN AUTRE POINT COMMUN (le SEPTIÈME) aux énoncés psychotiques et non psychotiques va nous permettre de comprendre comment les mêmes séquences logiques engendrent des énoncés différents du simple fait qu'elles soient alimentées de données différentes au départ. Ce point commun est la possibilité de faire des RAISONNEMENTS, DES SYLLOGISMES.

         Un de ces raisonnements est le suivant : si deux propositions A et B (les prémisses) sont vérifiées en même temps, cela implique qu'une troisième proposition C (la conclusion) est également vraie. De deux choses l'une :

                    - si cette proposition C est connue, je la reconnais et je confirme sa vérité.

                    - si cette proposition C est inconnue, je lui invente un nom et j'affirme sa vérité, invitant éventuellement les autres à l'expérimenter.

 

         Par exemple dans le premier cas :

                    - une émulsion photographique est impressionnée

                    - il y a de la lumière dans la pièce

                    - donc la lumière a la propriété d'impressionner une pellicule photographique. Je l'avait entendu dire, et je peux le confirmer.

 

         Dans le deuxième cas (découverte des rayons X) :

                    - la pellicule est impressionnée

                    - il n'y a pas de lumière visible

                    - donc, incroyable mais vrai, il existe un rayonnement invisible que je baptise rayons X, et j'invite les autres à refaire l'expérience.

 

         Appliquons ces raisonnements ou syllogismes aux énoncés psychotiques et non psychotiques.

 

         Pour l'énoncé non psychotique, trois situations peuvent se présenter :

 

                    - j'entends parler ici et maintenant, sans avoir à douter de cette perception

                    - j'ai déjà eu cette perception, je sais qu'elle se répète

                    - donc j'appelle ça SOUVENIR.

 

           - j'entends parler ici et maintenant. C'est une perception dont je nie qu'elle se répète (méconnaissance évoquée plus haut)

                    - quelque chose me dit « c'est toi qui le dis"

                    - donc c'est moi qui parle, je me parle intérieurement.

 

                    - j'entends parler ici et maintenant, et je nie que cette perception soit une répétition

                    - rien ne vient me dire « c'est toi qui le dis"

                    - donc c'est quelqu'un d'autre qui parle.

                    Y a-t'il quelqu'un ici ?

                    - oui, il remue les lèvres, donc c'est lui qui parle

                    - non, il ne remue pas les lèvres, donc ou bien c'est un ventriloque, ou bien j'ai laissé la radio allumée, ou bien je vais consulter un médecin (l'épilepsie temporale, ça existe...).

 

Pour l'énoncé psychotique du type automatisme mental :

                    - j'entends parler ici et maintenant, cela ne fait aucun doute, et ce n'est pas une perception ancienne qui se répète, ce n'est pas un souvenir

                    - rien ne vient me dire que c'est moi qui parle

                    - donc c'est quelqu'un d'autre qui parle.

 

         Premier cas : je vois mon interlocuteur en face de moi, mais il ne remue pas les lèvres. D'autre part les personnes éventuellement présentes avec moi dans ce lieu n'ont pas l'air d'entendre ce que j'entends. Ceci prouve qu'on peut parler sans remuer les lèvres. Donc la transmission de pensée existe (cf l'exposé suivant, où ma cons?ur psychiatre restée silencieuse lors d'un face-à-face s'entend dire par son patient schizophrène : “Ces choses-là il faut que tu me les dises avec la bouche”)

 

         Deuxième cas : il n'y a personne ici. Donc l'auteur de la parole est soit un humain qui transmet la parole à longue distance (éventuellement avec des appareils du type émetteur radio), soit, incroyable mais vrai, des entités dont j'avais entendu parler sans vouloir y croire : Dieu ou le Diable, des sorciers ou des magiciens, des extra-terrestres, etc... L’expérience m'apporte la preuve de leur existence.

         Ainsi le Président Schreber illustre par des exemples empruntés à la technique de son temps le fait qu'il puisse entendre des paroles étrangères que les autres n'entendent pas (cf Mémoires d'un névropathe, p.254).

 

         Voyons maintenant ce qui se passe dans un énoncé psychotique sans automatisme mental, mais avec hallucination verbale.

         Lacan* donne l'exemple d'une dame qui rencontre dans le couloir de l'immeuble un voisin. Elle lui dit « je viens de chez le charcutier ». Elle entend alors le voisin lui dire « truie » sur le ton d'une injure.

         L'énoncé que cette femme reconnaît avoir dit est NON-MÉTAPHORIQUE, il décrit l'action qu'elle vient d'accomplir.

         En revanche, l'énoncé qu'elle entend dans la bouche de l'autre est MÉTAPHORIQUE.

            *Lacan, in D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose :

            C’était la fille qui, lors de notre examen, nous produisit pour preuve des injures auxquelles toutes deux étaient en butte de la part de leurs voisins, un fait concernant l’ami de la voisine qui était censée les harceler de ses assauts, après qu’elles eussent dû mettre fin avec elle à une intimité d’abord complaisamment accueillie. Cet homme, donc partie dans la situation à un titre indirect, et figure au reste assez effacée dans les allégations de la malade, avait à l’entendre, lancé à son adresse en la croisant dans le couloir de l’immeuble, le terme malsonnant de : « Truie ! »

            Sur quoi nous, peu enclin à y reconnaître la rétorsion d’un « Cochon ! » trop facile à extrapoler au nom d’une projection qui ne représente jamais en pareil cas que celle du psychiatre, lui demandâmes tout uniment ce qui en elle-même avait pu se proférer l’instant d’avant. Non sans succès : car elle nous concéda d’un sourire avoir en effet murmuré à la vue de l’homme, ces mots dont à l’en croire, il n’avait pas à prendre ombrage : « Je viens de chez le charcutier… »

            Qui visaient-ils ? Elle était bien en peine de le dire, nous mettant en droit de l’y aider. Pour leur sens textuel, nous ne pourrons négliger le fait entre autres que la malade avait pris le congé le plus soudain de son mari et de sa belle famille et donné ainsi à un mariage réprouvé par sa mère un dénouement resté depuis sans épilogue, à partir de la conviction qu’elle avait acquise que ces paysans ne se proposaient rien de moins, pour en finir avec cette propre à rien de citadine, que de la dépecer congrûment.

            (…)  C’est ainsi que le discours vint à réaliser son intention de rejet dans l’hallucination. Au lieu où l’objet indicible est rejeté dans le réel, un mot se fait entendre, pour ce que, venant à la place de ce qui n’a pas de nom, il n’a pu suivre l’intention du sujet, sans se détacher d’elle par le tiret de la réplique : opposant son antistrophe de décri au maugrément de la strophe restituée dès lors à la patiente avec l’index du je (...)

 

         Voici l'hypothèse qu'on peut faire sur la genèse de tels énoncés :

         L'adulte A a parlé ainsi de l'enfant B : « je veux bien parler descriptivement de cet enfant, commenter ses faits et gestes, MAIS JE N'EN PARLERAI PAS MÉTAPHORIQUEMENT"

         En effet MÉTAPHORISER C'EST FANTASMER, c'est jouir par la parole de l'existence de cet enfant. « Par exemple je ne lui dirai jamais "mon petit lapin, mon petit COCHON, je vais te manger » (métaphore orale qui signe un amour "dévorant", et qui rend compte, par la transformation réfléchie, de la crainte des enfants mal aimés de « se faire bouffer » ou de « passer à la casserole » : discours "hystérique").

         La transformation réfléchie des énoncés précités donne chez B « je me désigne, je parle de moi non métaphoriquement. Aucun énoncé métaphorique ne saurait être tenu par moi. Si une métaphore se fait entendre, alors ce n'est pas moi qui la dis, c'est l'autre".

         Donc le raisonnement est le suivant :

                    - la phrase « je viens de chez le charcutier » se fait entendre à moi.

                    - c'est moi qui me parle à moi-même, et ce commentaire (énoncé non métaphorique), je peux le communiquer à quelqu'un d'autre et dire à l'homme du couloir « je viens de chez le charcutier » en sachant que c'est moi qui le dis.

                    - Maintenant un mot se fait entendre : "truie" (ce qu'on trouve chez le charcutier.

(il faut signaler ici que cette dame avait divorcé d'un mari qui voulait la dépecer, la couper en rondelles comme du saucisson. Par le mot truie, elle pourrait donc se désigner métaphoriquement comme ce qui vient de chez le charcutier).

                    - Mais, se dit-elle, ce mot est un commentaire métaphorique, or aucune métaphore me concernant ne saurait être proférée par moi.

                    - C'est donc l'autre, l'homme du couloir, qui la dit : il m'insulte.

 

CONCLUSION

 

Il resterait à dire beaucoup de choses sur les hallucinations non verbales par exemple, ou sur l'application des considérations qui précèdent à la « psychothérapie des psychotiques » ...

 

 

* * * * *

 

 

.


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous


 

Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.
 


 
Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel

Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel

Schlüsselwörter : analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, Subjiciel

Palavras-chaves : analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave : analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave : analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel

 

Ce sera l'objet d'un exposé ultérieur.

 

Repost 0
23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:41

      Ce texte, distribué aux étudiants de Mme Inès OSEKI-DÉPRÉ (Master "Littérature mondiale et interculturalité, Spécialité : traduction littéraire, Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence), est en cours d'évaluation pour publication - sous une forme plus développée - dans la revue du CLAIX (Cercle linguistique d'Aix-en-Provence).

Translation and interpretation

       This paper, handed to the students of Mrs. Ines OSEKI-DÉPRÉ (Master “World Literature and interculturality, Subject : literary translation, Faculté des Lettres, Aix-en-Provence, France), is under review for publication - in an extensive form - in the CLAIX publication (Cercle Linguistique d'AIX-en-Provence).

N'oubliez pas de visiter le reste de ce site !

TRADUCTION ET INTERPRÉTATION
L’interprétation en psychanalyse :
Traduction, transcription, ou translittération ?

I. INTRODUCTION

• Nous parlons ici de l’interprétation en psychanalyse freudo-lacanienne, différente de l’interprétation en psychologie analytique jungienne.

• En dépit de ce qu’on peut lire même sous la plume de certains psychanalystes, l’inconscient n’est pas archaïque, primitif, sous-développé ou inculte. Il connaît toutes les possibilités de transformation linguistiques et rhétoriques, et utilise pour se manifester toutes les combinaisons et permutations imaginables.

Exemple vécu : une amie marseillaise, peut-être travaillée par la faim, s’écrie devant un immeuble monumental : “Quelle belle charcuterie”, au lieu de “Quelle belle architecture”. C’est une anagramme presque parfaite (à part le t répété dans architecture). L’inconscient a fourni instantanément le résultat de la permutation, là où la pensée consciente aurait mis au minimum une dizaine de secondes (par exemple dans l’ancien jeu télévisé : “le mot le plus long”).

De même, indique Freud, on trouve souvent dans le rêve “des opérations très complexes que le rêveur accomplit avec une facilité stupéfiante”.

• Le “codage” inconscient peut utiliser n’importe quel niveau de complexité linguistique, donc la solution - le déchiffrement des énigmes qu’il nous soumet - relève de n’importe quel niveau : « Tout élément linguistique, du trait distinctif des phonèmes à la transformation et à la phrase, est un support potentiel de l’insistance du signifiant » (Mitsou Ronat). Nous insisterons aujourd’hui sur les rébus inconscients, ignorés du grand public et souvent hélas de beaucoup de psychanalystes. Pour celà nous recourrons au fonctionnement des langues à écriture non alphabétique.

• Annonçons déjà que la limite de l’interprétation en psychanalyse freudienne, c’est sa disparition : les analystes doivent être “sourciers” (orientés vers la source) et non “ciblistes” (orientés vers la cible). L’interprétation doit émerger et s’imposer du réseau d’associations faites par le patient à partir d’une des formations de l’inconscient (rêve, symptôme lapsus etc.), réseau qui conduit non pas à une explosion combinatoire, mais à des nœuds où se recoupent les fils associatifs et où se lit la solution. Quand Freud lui-même se détourne de sa propre méthode, il devient cibliste : c’est l’inconscient de l’analyste augmenté de ses normes qui parle, et non celui du patient.


II. LES LANGUES A ÉCRITURE NON ALPHABÉTIQUE

A. Il vaudrait peut-être mieux les nommer “langues à écriture non phonétique”, car il existe :

1. des écritures phonétiques : alphabétiques ou syllabiques (ex : le japonais)

2. des écritures non phonétiques au départ, mais en fait toujours mixtes : sumérien, akkadien, égyptien, hittite hiéroglyphique, chinois. Nous prendrons deux exemples, l’un antique, l’égyptien hiéroglyphique, l’autre actuel, le chinois.

a) L’écriture égyptienne. En théorie, chaque signe peut :

(1) dessiner la chose concrète à représenter : pictogrammes (maison, arbre, animal), signes à valeur figurative ;

(2) évoquer un concept abstrait : idéogrammes (dérivation du sens concret par des figures de rhétorique comme métaphore, métonymie, synecdoque : soleil -> jour, vautour -> mère, jambes -> marcher), signes à valeur symbolique ;

(3) écrire sous forme de rébus les consonnes correspondantes sans noter les voyelles : phonogrammes, signes à valeur phonétique :

.......(a) Les signes unilitères correspondent, à l'origine, à des signes-mots d'une seule consonne, mais sont utilisés comme nos lettres de l'alphabet pour noter des consonnes.

.......(b) Les signes bilitères valent pour deux consonnes. La pénurie de figures symboliques mène au rébus graphique.
Encyclopædia Universalis :
“ Toutefois, si ingénieux soit-il, l’homme peut difficilement traduire dans le système pictographique des abstractions comme « se souvenir » ou « aimer ». Pour exprimer ces conceptions, […] le système d’écriture égyptien utilisa […] l’homophonie et le rébus graphique.
Le principe de l’homophonie est simple : dans la langue parlée, « échiquier » se disait men . Le dessin qui représentait un échiquier fut alors utilisé, d’une part, pour signifier l’objet échiquier, mais aussi pour écrire le son « men » ; le mot abstrait « rester, demeurer », qui se prononçait ainsi, s’écrira donc, lui aussi, par l’échiquier. La « houe » se disait mer , le dessin qui la représente servira de plus à écrire le mot homophone mer « amour ».
[…] Mais, même ainsi, le nombre d’homophones est limité, et il fallut trouver un moyen d’étendre le procédé à des mots composés. Par exemple, le mot « établir » se disait s(e)m(e)n , pour lequel il n’existait pas d’homophone qui puisse être dessiné ; le scribe utilise alors deux images qu’il accole l’une à l’autre : une pièce d’étoffe pliée qui se lisait s(e) , et l’échiquier m(e)n , et l’ensemble des deux se lit alors : s(e) + m(e)n = s(e)m(e)n. […] C’est le principe du rébus graphique , dans lequel le mot « chagrin », par exemple, pourrait être décomposé en deux dessins : un « chat » suivi d’un « grain ». ”

.......(c) Les signes trilitères valent pour trois consonnes : n(e)f'e)r (dessin d’un instrument de musique) note par homophonie le mot “beau”.

(4) enfin chaque signe peut, placé à la fin d'un mot et non prononcé, classer ce mot dans une catégorie de sens (déterminatif) : signes à valeur déterminative.

Encyclopædia Universalis :
“Pour distinguer entre les mots similaires d’une part, d’autre part sans doute pour séparer les mots entre eux, les scribes prirent peu à peu l’habitude d’ajouter, après les signes écrivant phonétiquement le mot, un idéogramme indiquant à quelle catégorie générale ce mot appartenait. Ainsi les mots impliquant une notion de force seront suivis du signe d’un bras armé ; les noms d’animaux, d’oiseaux seront suivis d’un bœuf, ou d’une chèvre, ou d’une oie ; les noms de plantes, de fleurs, les mots abstraits, d’un rouleau de papyrus scellé. On a appelé déterminatifs ces idéogrammes qui, bien entendu, ne se lisent pas.”

b) L’écriture chinoise repose sur les mêmes principes que la précédente, et comprend :

(1) des pictogrammes (objet) : soleil, lune

(2) des idéogrammes simples (idée) : symbole (représentation abstraite). Exemples : les chiffres 1, 2, 3. Les caractères “shang” (monter), “xia” (descendre).

(3) des idéogrammes composés (idée) : combinaison simples, sans phonétique formant de nouveaux mots : soleil + lune -> lumière ; femme + enfant -> (être) bien ; femme + toit -> paix

(4) des emprunts rébus : le signe “wo” (je) désignait à l’origine la hallebarde, homophone.

(5) des idéophonogrammes (cf en égyptien phonétique + déterminatif): femme (catégorie) + cheval (son “ma”) -> caractère “ma” (maman); l’équivalent du déterminatif se nomme “clé”.

B. Dans ces écritures, le “contenu manifeste” (ce qui se voit, le dessin) diffère, sauf pour les pictogrammes, du “contenu latent” (ce qui se lit), chaque signe peut se lire de plusieurs façons, et cette lecture dépend du contexte : en égyptien le signe "pr" (maison) peut signifier le mot "maison", dans un autre mot "hpr" (naître) les consonnes "p" + "r", enfin placé à la fin d'un mot, il indique qu'il s'agit d'un bâtiment ou d'une partie de bâtiment.

Dans les formations de l’inconscient comme dans ces écritures chaque élément à interptéter a plusieurs lectures, et c’est le contexte (ici les associations du “patient”) qui donne la fonction de chaque élément.
Les raisons qui ont empêché pendant près d’un millénaire et demi le déchiffrement des hiéroglyphes, notamment la méconnaissance des rébus graphiques, s’apparentent à celles qui faisaient et font souvent encore obstacle au déchiffrement de l’inconscient, avec en prime le “conflit des interprétations”.

Extrait de notre article dans Marges Linguistiques :
« […] les cliniciens de la psychanalyse […] partent certes d’un matériel verbal abondant, mais se condamnent à une babélique confusion des langues, faute d’expliciter leurs procédures de traduction du contenu manifeste (le matériel verbal) au contenu latent (ce qu’ils y lisent). Prenons, a contrario, l’exemple du déchiffrement de l’écriture cunéiforme (le parallèle entre l’inconscient et les écritures non-alphabétiques est constant chez Freud et Lacan) (Doblhofer, 1959, pp. 137-138) :

“On envoya sous pli cacheté à chacun des quatre assyriologues la copie d’une inscription cunéiforme qu’ils ne pouvaient connaître parce que récemment découverte. […] Les quatre savants furent priés de la traduire chacun pour son compte et de faire connaître le résultat de leur déchiffrement. […] Les transcriptions revinrent, également cachetées, à la Société [la Royal Asiatic Society] qui choisit un jury et convoqua une assemblée solennelle. On put alors étaler aux yeux du monde entier la preuve éclatante que la jeune assyriologie reposait sur des fondements solides. Les quatre textes concordaient sur tous les points essentiels, bien qu’on dût y reconnaître évidemment de légères divergences […] Mais selon l’avis unanime du jury, le déchiffrement était une affaire acquise.”

On imagine mal l’obtention d’un tel résultat en soumettant un rêve, une séance, une portion de biographie, une interview ou quelque matériel verbal que ce soit à quatre psychanalystes différents […] En psychanalyse règne donc le conflit des interprétations ».


III. LES FORMATIONS DE L’INCONSCIENT On désigne en psychanalyse par cette expression l’ensemble constitué par les rêves, les symptômes des différentes névroses (hystérique, obsessionnelle, phobique), les lapsus, oublis et actes manqués, et l’on y rattache les mots d’esprit. À titre bibliographique on peut lire les trois seuls livres de Freud où il donne vraiment tout le matériel d’associations qui lui sert à asseoir ses interprétations (et donc, en accord avec Karl Popper, nous laisse la possibilité de les réfuter !) :
  • Psychopathologie de la vie quotidienne
  • L’interprétation des rêves
  • Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient.

A. Ces formations de l’inconscient fonctionnent en grande partie comme les écritures non alphabétiques, notamment — et nous commencerons par là — en ce qui concerne le recours au rébus graphique (pour Freud fonctionne le principe, simplifié pour l’occasion : “Le rêve est un rébus, nos prédécesseurs ont commis la faute de vouloir l'interpréter en tant que dessin'”)(1) (2).
(1) Lacan : "Telles les figures hors nature du bateau sur le toit ou de l’homme à tête de virgule expressément évoquées par Freud, les images du rêve ne sont à retenir que pour leur valeur de signifiant, c’est-à-dire pour ce qu’elles permettent d’épeler du « proverbe » proposé par le rébus du rêve. Cette structure du langage qui rend possible l’opération de la lecture est au principe de la signifiance du rêve, de la Traumdeutung." (in « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud »).

(2) Lacan : "Voyez les hiéroglyphes égyptiens : tant qu’on a cherché quel était le sens direct des vautours, des poulets, des bonshommes debout, assis, ou s’agitant, l’écriture est demeurée indéchiffrable. C’est qu’à lui tout seul le petit signe « vautour » ne veut rien dire ; il ne trouve sa valeur signifiante que pris dans l’ensemble du système auquel il appartient. Eh bien ! les phénomènes auxquels nous avons affaire dans l’analyse sont de cet ordre-là, ils sont d’un ordre langagier." (Entretien avec Madeleine Chapsal paru dans L’express du 31 mai 1957).


1. Il existe d’une part des rébus inconscients portant sur des mots : apparition, par exemple dans un rêve, d’images dont la lecture phonétique aboutit à des mots mono-, di- voire trisyllabiques homophones de ces images. C’est bien sûr la séquence des associations d’idées du rêveur, et elle seule, qui garantit, par le contexte qu’elle fournit, la lecture phonétique plutôt que figurative ou symbolique.

Freud : “Le contenu du rêve nous est donné sous forme d’hiéroglyphes dont les signes doivent être successivement traduits dans les pensées du rêve [les associations du rêveur]”.
Quelques exemples :

a) Dans un rêve apparaissent successivement une île, puis une faux.
  • La lecture par pictogrammes aboutit à un non-sens : aucun rapport entre une île et une faux.
  •  La lecture par idéogrammes donnerait par exemple : l’île symbolise l’isolement, la faux symbolise la mort, donc cette séquence signifie l’isolement conduit à la mort.
  • La lecture phonétique, confirmée par les association du rêveur, montre que la séquence est à prononcer : “il faut”, et que le rêve énonce un impératif dont le contenu est à déchiffrer dans la suite du rêve.

N.B.: nous ne parlerons pas ici de la présence de déterminatifs dans certains rêves, c’est-à-dire d’éléments qui, sans être eux-mêmes à lire, n’apparaissent que pour orienter ou préciser la lecture d’autres éléments du rêve, par exemple pour indiquer si tel élément doit être lu comme pictogramme, idéogramme ou phonogramme.


b) Une épouse délaissée par son mari rêve une nuit du chanteur Gilbert Bécaud. Les associations qu’elle fait dans les séances sultérieures livrent le rébus suivant : elle désire que son mari, prénommé Gilbert, se remette à lui faire des bécots (à lui donner des baisers).


c) Une jeune femme ne pouvait s'empêcher de tromper sans motif son compagnon régulier avec un amant ; elle fait une nuit un rêve où elle se promène avec cet amant sur les quais de Londres et contemple un port de plaisance. Le psychanalyste lui demande un synonyme de “port de plaisance” et la patiente répond “une marina”. Or il se trouve que c'est son prénom, d'où une signification possible du rêve, confirmés par les séances suivantes : “m'appelant Marina, je suis moi-même un port de plaisance, l'homme avec qui je trompe mon compagnon est dans la réalité un marin, qui a  probablement “une femme dans chaque port” (et un port dans chaque femme ?!). La jeune femme avait pour des raisons anciennes un fantasme de prostitution. Son comportement a progressivement changé par la suite.


d) Dernier exemple : une enseignante commence une psychanalyse car, abandonnée par son ami (Jacques) qui la torture psychologiquement en s’exhibant au bras de ses nouvelles conquêtes, elle n’arrive pas à faire le deuil de cette relation et à rencontrer un autre homme. Après quelques mois surviennent les deux séances suivantes :


.......(1) Elle parle de Jacques pendant un quart d’heure, s’interrompt pour décrire la seule image qui lui reste d’un rêve de la nuit : elle est dans une grande prairie verte, puis termine la séance par des associations diverses.  Le psychanalyste vers la fin de la séance entend se former dans son esprit un jeu de mots tellement saugrenu qu’il l’écarte avec scepticisme : Jacques, pré vert -> Jacques Prévert.


.......(2) Lors de la séance suivante, presque identique, la patiente parle de Jacques pendant un quart d’heure, s’interrompt pour dire qu’elle a rêvé mais qu’elle a oublié son rêve, puis enchaîne : “ce matin j’ai traité en cours un poème de Jacques Prévert”. Quelque temps plus tard elle a pu revenir sur son rêve, est passée elle-même par association phonétique de la prairie verte au pré vert, pour finir par énoncer l’anagramme “Je trouve Jacques pervers”, ce que sa conscience admettait d’emblée mais que son inconscient refusait jusqu’au rêve. Cette reconnaissance lui a permis de se détacher de cet homme, et de rencontrer peu après quelqu’un d’autre.


.......(3) Dans ce rêve, l’inconscient combine le rébus (pré vert) avec l’anagramme (pervers). Il peut recourir à d’autres permutations comme la contrepèterie : un rêve où figurent des poutres de fer se révèle par les associations du rêveur concerner le foutre du père (son sperme).


2. Il existe d’autre part des rébus inconscients portant sur des expressions entières, sans recours à homophonie : le rébus met alors en images une expression figée (“rouler à tombeau ouvert”, “avoir le pied au plancher”) et la scène obtenue fait énigme par le non-sens apparent d’une métaphore illustrée à la lettre. Si ce procédé ludique n’est pas attesté dans les écritures non alphabétiques, il apparaît dans les livrets “Idiomatics” (répertoires comparatifs bilingues d’expressions) ainsi qu’au cinéma (Chico Marx demande à son frère Harpo adossé à une maison : “tu tiens le mur ?”; celui-ci acquiesce, s’écarte, et le mur s’écroule …!).


 Exemple en psychanalyse : un patient qui a entendu la veille une amie dire de son analyste (à lui) “je le trouve en perte de vitesse” se rêve au sommet d’un immeuble d’où il voit avec effroi un avion tournoyer lentement en perdant de la vitesse pour s’écraser finalement quelque part dans la ville.


3. L’existence de ces deux types de rébus montre clairement que l’analyste doit absolument connaître la langue maternelle des patients s’il veut, pour lui-même, anticiper sur la solution des énigmes inconscientes qu’ils énoncent, solution qu’encore une fois seuls les recoupements associatifs peuvent valider. D’autre part il lui faut en quelque sorte se rendre aveugle aux images qu’on lui rapporte pour ne pas rester sourd aux sons qu’elles véhiculent …


4. En dehors des rêves, et sans parler des calembours et charades avec ou sans tiroirs (cf. Freud : Le mot d’esprit), on rencontre des rébus-charades  :

— dans les lapsus et les oublis de mots.

Exemple de Freud : un jeune homme oublie le mot latin aliquis; ses associations, dont la première, qu’il juge incongrue, consiste à scinder ce mot en a- privatif et -liquis, l’amènent à dévoiler sa secrète préoccupation : sa maîtresse n’a plus (a- privatif) ses règles (-liquis, évoquant liquide) ;


— ainsi que dans certaines hallucinations :

Un patient “retombé en enfance” visualise l’énoncé “je suis petit” en percevant son corps comme rétréci, un clochard ramassé en coma éthylique par deux policiers se réveille en hallucinant qu’il est attaqué par des “hirondelles” (désignation argotique des policiers).


B. Nous avons jusqu’ici parlé de rébus graphiques inconscients pour illustrer l’analogie avec les écritures non alphabétiques, et parce qu’ils sont les plus fréquents. Mais en fait chaque fois que du phonétique (de l'auditif verbal) est codé par du non-verbal issu d’une perception quelconque (les “cinq sens”) , il y a rébus, et l’inconscient utilise de tels rébus. A côté du rébus classique où l’auditif verbal est codé par du graphique (du visuel figuratif), on rencontre donc :


1. des rébus musicaux où du phonétique est codé par de l’auditif non verbal (musique) :


a) Un homme s’interrompt au milieu d’une conversation qui amène sur ses lèvres des propos agressifs pour son amie. Une mélodie de Jazz s’impose alors à son esprit de façon insistante. Lorsqu’il se demande quel en et le titre, il s’avère que le morceau s’appelle Suspended sentence (la phrase en suspens).


b) Un jeune scientifique africain fuit son pays la veille d’un mariage dont la perspective l’effraie. Il reprend ses études à Marseille, mais lorsqu’il commence une nouvelle liaison quelques mois plus tard, il est atteint d’impuissance sexuelle. Le médecin, ne trouvant aucune cause biologique, l’adresse à un psychanalyste. Ce jeune homme, malgré son esprit rationnel, ne peut s’empêcher de penser que sa future belle-mère lui a jeté un sort pour le punir de sa désertion. Lors d’une séance, il reste un moment silencieux. Questionné à ce sujet par l’analyste, il répond qu’aucune pensée verbale ne lui est venue, mais qu’un air de Carlos Santana résonne dans sa tête de façon obsédante. Or le titre en est : Black Magic Woman (femme à la magie noire) …


2. des rébus gustatifs : certaines préférences et aversions alimentaires héritées de l’enfance ses révèlent à l’analyse reposer sur des jeux de mots :


......a) de type calembour : un constipé chronique raffole de féculents (fait-cul-lent !!!) ;


......b) de type mot d’esprit reposant sur une métaphore :

      Un patient obsessionnel, que la violence culpabilise, ne peut supporter ni la tomate ni l’oignon (il rejette tout plat qui en contient la moindre trace). Lorsqu’enfant il était angoissé au cinéma en voyant couler le sang ou verser des larmes, sa mère croyant le rassurer lui disait : “ce sont des truquages : le sang, c’est de la sauce tomate, et pour les larmes, les acteurs se font pleurer avec un oignon” !!!


......c) Ces préférences et aversions disparaissent d’ailleurs au cours de l’analyse, preuve qu’il ne s’agit pas de tendances héréditaires ou d’origine biologique acquise.


3. des rébus olfactifs : un patient obsédé par la crainte d’émettre des pets en public a l’illusion de sentir des émanations de gaz dans une cuisine collective qui ne comporte pourtant que des plaques électriques  ! !


4. des rébus tactiles : dans les symptômes de la névrose hystérique on rencontre soit des anesthésies de zones corporelles ayant une signification particulière pour tel patient, soit de l’hyperesthésie sous forme de douleur :


       Un homme hystérique présente à la joue gauche une douleur inexplicable médicalement. Ses associations sous hypnose révèlent que celle-ci est apparue le lendemain d’un soir de fête où sa femme lui a dit : “Comment peux-tu ainsi, devant moi, jouer les séducteurs auprès de toutes ces dames, alors que je sais très bien que tu n’es plus un homme !” (que tu es impuissant). “Ces mots, dit-il, m’ont frappé comme une gifle au visage” …


IV. EN QUOI CONSISTE DONC L’INTERPRÉTATION PSYCHANALYTIQUE ?


Il faut ici distinguer pour les phénomènes psychiques humains l’interprétation-décodage, non contextuelle, et l’interprétation-déchiffrement, contextuelle.


A. Les prémisses de l'interprétation-décodage sont fausses : on suppose qu'il existe un code (le langage étant considéré comme un code parmi d'autres), donc on cherche à décoder les signaux psychiques.

 Dans un code il y a correspondance biunivoque entre deux signes, non-ambiguïté (souvent imparfaite), fonctionnement non-contextuel du système de signaux. Deux possibilités :


1. Négation de la structuration verbale du psychisme : on interprète des comportements. La garantie est biologique.

  •  
  • Si on croit trouver une correspondance biunivoque innée entre les comportements et leur signification, le garant est l’hérédité (ex: “langage” des abeilles”) : on est dans l’éthologie.
  •  
  • Si on croit que cette correspondance est acquise, on est dans le modèle comportementaliste : le comportement résulte d’un  conditionnement familial ou social du type stimulus/réponse, entrée/sortie (le psychisme est une boîte noire dont on ne veut rien savoir).


2. Reconnaissance de la structuration verbale du psychisme : on suppose une correspondance biunivoque entre la langue-source des rêves et la langue-cible du niveau conscient. Deux cas :

  • L’antique clef des songes dont le garant est divin. Dieu ou les dieux nous parle(nt) dans nos rêves, et l’oniromancien traduit. Ex : Joseph et le rêve des vaches grasses et des vaches maigres.
  • L’interprétation par symboles en psychanalyse. Elle fonctionne comme clef des songes moderne dans la presse de vulgarisation et une certaine littérature psychanalytique “pansexualiste” : tout objet allongé (stylo, etc.) est un pénis, tout objet creux (sac à main etc.) est un vagin, tout objet rond (ballon etc.) représente le sein ou la grossesse !

Ce décodage stupide est tourné en dérision par un philosophe scandinave qui nous propose une Interprétation des rêves simplifiée :


 “Tout ce dont vous rêvez est concave ou convexe,
 donc quoi que vous rêviez, il est question de sexe” !

B. L'interprétation-déchiffrement :

Roland Barthes dans Éléments de séméiologie  démontre que chez l'homme tout code est défini à partir du langage, tout le non-verbal (analogique) est défini depuis le verbal (digital). Or le langage humain n’est pas un code : avec sa double articulation, il est fondamentalement ambigu et équivoque, donc le contexte joue un rôle essentiel dans sa compréhension.


  Dans l'interprétation-déchiffrement,  l’ambiguïté du signifiant acoustique ou graphique est prise en compte : il n’y a pas de clef des songes, un même rêve qui se répète peut signifier chaque fois une  chose différente.

Pour le psychanalyste Jean Allouch dans Lettre pour lettre (Editions Erès, 1984) :


1. transcrire est écrire en réglant l’écrit sur quelque chose en dehors du champ du langage [réel] ;

2. traduire est écrire en réglant l’écrit sur le sens [imaginaire] ;

3. translittérer est écrire en réglant l’écrit sur l’écrit [symbolique] : déchiffrement d’une écriture non alphabétique ou des formations de l’inconscient.

  • Donc l’interprétation en psychanalyse n’est ni une transcription, ni une traduction, mais une translittération. C'est un déchiffrement littéral de l’écriture inconsciente.

[ Cette conclusion trop succincte fera bientôt l'objet d'un développement ]





Liens internet :

"L‘inconscient est structuré comme l’écriture chinoise" par Huo Datung


"Commentaire du texte précédent" par René Lew



 D'autres billets sur des thèmes voisins :

Résumé du livre de J.-C. Milner : L’Œuvre claire, introduction et chapitre I

Analogie de l'ordinateur ; Subjectivité Artificielle ; Machina subjectiva

Conférence du 24/09/2009 sur la psychothérapie des psychoses 

Groupe, individu, sujet 

Métaphore et connaissance 

Rien n'est tout ! 

La métaphore du cycle de l'eau 

Glossaire de l'A.L.S.


   ****** N'oubliez pas de visiter le reste de ce site ! ******




Commentaires de l'ancienne version du blog :



1. Le dimanche 6 mars 2005 à 18:20, par Anma

La structure de l'article est maintenant beaucoup plus claire (cf.la version inachevée que j'ai eue en main) et c'est vraiment intéressant même si j'ai eu un peu de mal à comprendre la synthèse.

2. Le mardi 2 mai 2006 à 15:53, par E. Balsani

Quelques notes en vrac à reprendre dans un prochain commentaire :

* Structure verbale "idiomatique" du psychisme ? et en cas de patient parfaitement bilingue ? quelle interprétation privilégier ?

* langage "dormant" activé par un déclic : contexte, visuel, subliminal ...

* "... le langage est source de malentendu ..." dit le renard au Petit Prince. Dans quelle mesure ne l'est-il pas ? qui mal entend ? et pourquoi ? l'interprétation ou la traduction du discours ne relève-t-elle pas aussi du langage de l'inconscient ?

* l'écrit : relu, revu, corrigé, même démarche de traduction malgré la tentative de "manipulation" de l'auteur. * la gestuelle est un langage. dissocier le verbal du non-verbal visuel ne restreint-il pas la portée du discours, voire sa valeur ?

* rébus onirique / métaphore : vraisemblance et réalité ?

à bientôt donc. Merci

3. Le jeudi 4 mai 2006 à 16:30, par Jean-Jacques PINTO

En attendant que E. Balsani ait développé ses "notes en vrac" un peu sybillines (plusieurs questions secondaires emmêlées au sein d'une question principale), je répondrai bientôt à la troisième, qui me paraît la plus claire ["... le langage est source de malentendu ", etc.]

Donc, à dans quelques jours ...

4. Le mardi 13 juin 2006 à 12:33, par Ginger

Dans le cadre du jeu ou de l'exercice, il est possible de trouver plusieurs anagrammes à une locution, une phrase ou un mot.
L'anagramme est elle analysée de manière identique si elle est consciente ou inconsciente ?


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
The A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.

Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel, machina subjectiva

Schlüsselwörter : Analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel, machina subjectiva

Palavras-chaves : analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Palabras-clave : analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel, machina subjectiva

Parola-chiave : analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel, machina subjectiva

Repost 0
12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 21:54
. Dans son commentaire au texte "Violence scolaire et A.L.S.", une interlocutrice qui prend le pseudonyme de "La sénatrice" déclare : "La dimension sociale doit à mon avis être prise en compte car elle intervient de manière incidente sur le comportement violent".
. Cette affirmation qui pose la question du rôle respectif des facteurs inconscients et des autres facteurs (sociaux, culturels, économiques, idéologiques etc.) mérite une réponse suffisamment longue pour faire l'objet d'un nouveau texte, encore à rédiger.
. L'ébauche de ce texte se présente comme un chantier où chacun est invité à apporter ses matériaux.

[Texte en cours de rédaction ...]

. Le terme de chantier manifeste l'intention de faire sur la question un brainstorming (préférons à cet anglicisme le terme français de "remue-méninges").

Il faut lister les arguments tant logiques  qu'empiriques  sur le rôle respectif des facteurs inconscients et des facteurs sociaux, culturels, économiques, idéologiques dans la genèse de la violence (pas seulement scolaire).

Chaque argument peut alors faire l'objet d'une contre-argumentation que j'intègrerai, en la résumant, dans ce texte en cours de rédaction

Voici quelques propositions pour lancer la discussion :
  • D'un point de vue épistémologique l'hypothèse de la sénatrice "Le comportement violent résulterait de plusieurs facteurs d'origine différente." mérite une remarque :

    Les deux a priori de l'explication unique et de l'explication multiple doivent être renvoyés dos-à-dos, car seule l'expérience puis l'éventuelle découverte de lois diront a posteriori si tel phénomène relève d'un seul facteur (ex: gravitation pour la chûte d'un corps), de deux facteurs (ex: terrain + agent microbien dans les infections), ou de facteurs plus nombreux (ex: évolution des langues romanes à partir du latin).

    Deux écueils à éviter : le réductionnisme, qui n'épargne pas les psychanalystes, et la pseudo-complexité dogmatique à la Edgar Morin (finement brocardée il ya quelques années par Le Canard Enchaîné : tout est bio-physico-économico-socio-psychologique!!)
  • Si l'on prouve qu'il existe (au moins) deux facteurs, le facteur inconscient et le facteur socio-économique par exemple, rien ne dit alors qu'ils interviennent simultanément et avec une importance égale. Comme Ginger l'objecte à La sénatrice :

    "Opposer à une naissance des considérations d'ordre socio-économique, mêmes justifiées, ne se place pas sur le même plan. Ni le désir d'enfant, ni son accueil dans la famille ne peuvent être liés aux conditions sociales de manière systématique."

    J'anticipe sur une argumentation future en disant sous forme métaphorique :
    le bateau connaît le port de pêche (la famille et ses désirs) avant l'océan (le "social"),
    ou, pour user d'alexandrins :
    "avant de se savoir bourgeois ou prolétaire,
    l'enfant perçoit d'abord le désir de sa mère"
  • D'autre part, en préambule au texte que je compte rédiger pour répondre amplement à "La Sénatrice", voici, pour mettre en route la réflexion sur le rôle respectif des facteurs inconscients et des facteurs sociaux, économiques, idéologiques etc., deux extraits de presse :

1er extrait: Accents, magazine du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, n° 25 :

" Accents : Quel est le rôle de la brigade des mineurs ?

Danièle Laborde : Nous traitons des cas de syndomes du bébé secoué, de fugues, d'abus sexuels, de viols, d'exhibition, de violences graves, de violences "habituelles commises sur mineurs" ...

Accents : quelle est la situation à Marseille ?

Danièle Laborde : il faut savoir que la maltraitance n'est pas une affaire de pauvreté, ni de classe sociale, mais d'individus, avec toutes les déviances et les dérives que la condition humaine comporte. "

2ème extrait: Le Monde, vendredi 27 décembre 2002 :

" Terrorisme: la pauvreté n'est pas coupable

Une étude portant sur 350 personnes engagées dans l'Armée rouge japonaise, la Bande à Baader, l'I.R.A ou les Brigades rouges a montré que les deux tiers des auteurs d'attentats ont fait des études supérieures et sont de milieux aisés. "

[à suivre]



Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Keywords : analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel, machina subjectiva

Schlüsselwörter : Analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, subjiciel, machina subjectiva

Palavras-chaves : analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, o inconsciente, sonho, rébus, subjiciel, machina subjectiva

Palabras-clave : analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel, machina subjectiva

Parola-chiave : analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner. , Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel, machina subjectiva
Repost 0
12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 21:32

 

(Métaphore filée sous-tendue par un proverbe, et qui rejoint l'allégorie ...)

 

q8obcg0s

 

 

La métaphore du cycle de l’eau

          

 

 

Présentation sous forme de plan développé :

 

I. La personnalité est à la rencontre (fortuite puis obligée du langage "collectif" et du corps "individuel". Il est préférable de dire :

 

    L'identification est à la rencontre (contingente puis nécessaire : "tuchê" puis "automaton") du significant, qui est universel, et de l'affect, qui est singulier. 

 

A. le langage n'est "collectif" qu'en apparence

 

1. il ne l'est pas au sens (centripète) de convention passée entre “individus libres”, de mise en commun d'un “repas” où chacun apporterait le mets qu'il a confectionné; ce qui suppose l'horizontalité, la synchronie.

 

2. Il l'est à la rigueur au sens (centrifuge) de la réplication (verticale, diachronique) de pans de mémoire dans des supports corporels multiples: identification cognitive, différente de l'identification subjective.

 

- - - - -

 

Rappel extrait de mon article « Fantasme, Discours, Idéologie - D’une transmission qui ne serait pas propagande », in revue Topique, n°111, automne 2010, résumé en sept langues (cliquer) sur ce même site. 

 

C’est avec le langage, permis par la prématuration, donc la dépendance à l’adulte nourricier sans laquelle l’enfant ne pourrait s’intéresser au langage, qu’apparaissent chez l’homme deux nouveaux types de solutions adaptatives : les versants cognitif et subjectif de l’identification.

 

La face « connaissance » de l’identification sert l’adaptation en fournissant à l’esprit humain des contenus mémoriels et des outils logiques qui le dispensent de devoir tout expérimenter, chaque génération disposant ainsi d’un savoir cumulatif considérable. Une part de cette connaissance d’abord très empirique évolue vers des énoncés scientifiques de plus en plus formalisés (« le mathématique est fils du vernaculaire »). Ce savoir conscient ou préconscient est ouvert à la révision : si l’expérience le contredit ou si une argumentation le réfute, il pourra (en théorie) être questionné, remanié voire abandonné.

 

Mais l’enfant n’apprend pas à parler avec un dictionnaire et une grammaire. Il est introduit dans l’ordre symbolique (le « grand Autre ») par le discours des « petits autres » que sont ses parents, discours où s’entrelacent inextricablement les connaissances et le désir. Impossible de s’y dérober quand on dépend vitalement d’eux : « Le dit premier décrète, légifère, aphorise, est oracle. Il confère à l’autre réel son obscure autorité. » (Lacan, Écrits, p. 808). Ce « Que ta volonté soit faite » devient l’impératif inconscient de l’athée le plus convaincu. C’est là le point de départ de l’identification subjective, qui, quoique fille du langage, s’oppose par bien des traits à l’identification cognitive. Inconscient, imaginaire et fantasme font d’elle la face « méconnaissance » de l’identification. Support de la croyance à l’identité et prothèse psychique destinée à se substituer aux instincts défaillants, elle a initialement servi la survie de l’espèce en fournissant avec le désir sexuel, le désir d’enfant et le désir de vivre des substituts aux instincts sexuel, maternel et de conservation quasi-introuvables chez l’homme. Mais ce au prix de remplacer leur nécessité innée par la contingence de désirs liés à la constellation familiale où ils prennent naissance.

 

Le savoir cognitif était révisable ; mais non le savoir subjectif, du fait qu’il est inconscient : rebelle à l’expérience et à l’argumentation critique, il fait le lit de toute croyance dogmatique. L’inquisition contre Galilée, le créationnisme contre Darwin, voilà, transposée à l’échelle de la société, la contradiction structurale entre identification subjective et identification cognitive, ces sœurs ennemies.

 

L’identification subjective, définie comme la connexion signifiant-affect résultant d’une suggestion exercée par le parent sur l’enfant, conduit graduellement d’une situation où plaisir et déplaisir étaient suscités par les besoins (chez le nourrisson) à une situation où c’est le signifiant qui a acquis le pouvoir de les convoquer (chez l’enfant plus grand qui, déjà repu et choyé, demande « raconte-moi une histoire », puis chez l’adulte, qui ne manquera jamais de ressources pour s’en inventer). C’est cette alliance intimement scellée dans l’enfance entre le mot et l’émotion qui, jointe au refoulement, rendra compte de « l’impuissance de la pensée critique face aux sirènes de l’affectivité » : le ressenti passe pour l’étalon du vrai (« l’éprouvé ne ment pas »), et loin que ces sirènes fassent directement triompher le cœur sur la raison, c’est de leur paroles mobilisant des affects qu’elles tirent le pouvoir de faire taire la critique intérieure ou extérieure. Être refoulés dans l’inconscient et liés aux affects n’enlève pas aux mots leur qualité verbale, et le conflit cognitif vs subjectif n’est nullement réductible au conflit intellect vs affect : « le cœur a ses raisons... » puisque dans le texte subjectif opère une logique (logos), et l’on se trouvera fondé à proposer ci-après une « Analyse des Logiques Subjectives » applicable au phénomène de la propagande.

 

- - - - - 

 

Il faut donc préférer l'opposition singulier (particulier) / universel (général)


  à l'opposition individuel / collectif

 

3. le langage est donc impersonnel, ou mieux personnel (J.-C. Milner)

 

 

B. le corps n'est "individuel" qu'en première approximation

 

1. non pas au sens étymologique d'irrémédiablement un et indivisible ...

2. mais au sens où les corps sont disjoints dans l'espace ...

 

C. l'inconscient, c'est alors l’impersonnel singulier, l’insu portable

 

 

II. La métaphore du cycle de l'eau:

 

A. De l'océan des paroles, du "collectif" (du personnel), - du grand Autre dirait Lacan, émane la vapeur d'eau qui se condense en nuages (ce sont les paroles des adultes vivants puis morts lorsqu'elles se détachent de leurs « émetteurs » pour s'inscrire dans des supports-mémoire permettant leur repetition : mémoire des hommes, livres, supports magnétiques ou optiques...

 

B. Plus tard,ces nuages précipiteront en une pluie qui forme, du fait du hasard ("tuchè", contingence) du "relief local", de petits ruisseaux singuliers (analogie avec telle famille particulière où survient la naissance d'un enfant). Ce qui est singulier ici c'est la combinaisonde paroles que véhicule chaque ruisseau, et non les éléments recombines eux-mêmes. L’inconscient qui littéralement « prend (un) corps », c’est alors l’impersonnel singulier, l’insu portable.

 

C. Ces petits ruisseaux, mus par la répétition (("automaton", pseudo-nécessité dont l’analogue serait ici le courant causé par la pente et la force de gravité, qui fait que tous les fleuves vont à l'océan), mettent en commun leur contenu liquide pour faire les grandes rivières, répétitives elles aussi.

 

D. Or tous les fleuves vont à la mer. L’eau réunie de ces rivières retourne à l’océan  des paroles, à « l’inconscient collecteur » , qui, loin d’être collectif et homogène, montre l’hétérogénéité de ses différents courants chauds, tièdes ou froids (les « parlers » de notre A. L. S.) : sorte d'auberge espagnole où chacun trouve ce qu'il apporte et se renforce avec ses semblables dans son sillon identificatoire, entretenant durablement les dialogues de sourds. De cet océan émaneront la vapeur et les nuages d’où naîtra la prochaine génération.

 

 

III. La conséquence de ce parcours cycliqueest que tout l’inanalysé « individuel » (singulier) modelé par le caprice des vallées fait retour dans l’océan comme malaise « collectif » (général)1  :

 

1 Sur la substitution du couple singulier/universel au couple individuel/collectif, marqué de l’Imaginaire des touts, lire : Pinto, J.-J. & Pons, E.; (1981), Groupe, individu, sujet, Psychodrame, n°62, pp.35-44, texte lisible sur ce site.

 

"De même que les petits ruisseaux font les grandes rivières,

de même les petits malheurs font le grand malaise"

 

 

À l’inverse, la résolution des petits malheurs, non par l’expédient commode de thérapies ne visant que le symptôme, mais par la déconstruction poussée le plus loin possible de la suggestibilité, de l’idéalisation, de la demande d’amour avec la dépendance qu’elle entraîne, laisse entrevoir une solution, certes lente mais du moins peu réversible, au grand malaise que les propagandistes de tous horizons, « manipulés » par leur inconscient, se feront toujours un devoir d’exploiter pour une finalité qui les dépasse.

 

 

* * * * *

 

 





Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous




Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
The A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.
Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.

Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, sémantique, microsémantique, microsémantique du fantasme, logique de la déraison, lexicologie, subjilecte, métaphore, paradiastole, isotopie subjective, homonyme, homonymie, pseudosynonyme, pseudosynonymie, psychanalyse, Lacan, Réel Symbolique Imaginaire, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, logique, logique libre, poésie, littérature, surréalisme, antiphilosophie, Charles Baudelaire, traduction, malentendu, dialogue de sourds, expressions figées, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, formations de l'inconscient, rêve, rébus, lapsus, oubli, acte manqué, mot d'esprit, interprétation, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, points de vue, la subjectivité comme artifice, subjectivité artificielle, machina subjectiva, argot, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, homéopsychie, propagande, propagande et psychanalyse, psychanalyse et propagande, neurosciences, neurosciences et psychanalyse, psychanalyse et neurosciences, approche logiciste, Jean-Claude Gardin, cognisème, subjisème, prothèse psychique, galiléisme, galiléisme étendu, science galiléenne, identification cognitive, identification subjective
Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner.

Repost 0