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  • : TOUT SUR L'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©)
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  • : Blog scientifique sur l'A.L.S.© (Analyse des Logiques Subjectives©), méthode originale d'analyse de discours partant des métaphores quotidiennes et de la psychanalyse. Applications dans de nombreux domaines des Sciences Humaines et Sociales : linguistique, littérature (Camus), poésie (Baudelaire), traduction, rhétorique, argumentation, psychologie sociale. Textes, articles, exercices, discussions,dictionnaires.Google+
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Mots-clé : analyscience, linguistique, analyse de discours, sémantique, microsémantique, microsémantique du fantasme, logique de la déraison, lexicologie, subjilecte, métaphore, paradiastole, oxymore, isotopie subjective, axiologie, homonyme, homonymie, pseudosynonyme, pseudosynonymie, psychanalyse, Lacan, Réel Symbolique Imaginaire, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, paranoïaque, schizophrénie, schizophréne, rhétorique, argumentation, épistémologie, logique, logique libre, poésie, littérature, surréalisme, Hocquenghem, Charles Baudelaire, traduction, malentendu, dialogue de sourds, expressions figées, Jean-Jacques Pinto, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Georges Bataille, Michel Leiris, Parménide, hystérie, hystérique, obsession, obsessionnel, phobie, phobique, angoisse, inconscient, formations de l'inconscient, rêve, rébus, lapsus, oubli, acte manqué, mot d'esprit, interprétation, antiphilosophie, anti-philosophie, Cyrano, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Mallarmé, Schreber, subjiciel, points de vue, la subjectivité comme artifice, subjectivité, subjectivité artificielle, machina subjectiva, argot, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, homéopsychie, malaise dans la civilisation, propagande, propagande et psychanalyse, psychanalyse et propagande, neurosciences, neurosciences et psychanalyse, psychanalyse et neurosciences, approche logiciste, Jean-Claude Gardin, Jean Molino, cognisème, subjisème, prothèse psychique, identification cognitive, identification subjective, galiléisme, galiléisme étendu, science galiléenne, structuralisme, structure, langage, définition apophatique de la psychanalyse, définition récursive de la psychanalyse

 


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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 20:15

 

  IDENTIFICATION COGNITIVE

ET IDENTIFICATION SUBJECTIVE


extrait de l'article publié en 2010 dans la revue Topique :

 

" Fantasme, Discours, Idéologie.

D’une transmission qui ne serait pas propagande "

 

 

 

 

" TRISTE ÉPOQUE QUE LA NOTRE ! IL EST PLUS FACILE
DE DÉSINTÉGRER UN ATOME QU'UN PRÉJUGÉ... "

 

atome > préjugé

 

 

(Commentaire explicatif ci dessous : "désintégrer un atome"

relève de l'IDENTIFICATION COGNITIVE, alors que les "préjugés"

relèvent de l'IDENTIFICATION SUBJECTIVE)

 

                                                                .........

 

Voyons en quoi consiste cette configuration psychique inconsciente déjà en place en tout sujet, qui permet à la propagande, spontanée ou élaborée, de trouver ses sources, ses voies, l’assurance de ses effets, et jusqu’aux motivations de ses promoteurs.

Cette structure, la subjectivité inconsciente, résulte de l’identification subjective, que son caractère inconscient rend non maîtrisable par l’identification cognitive (l’éducation, l’argumentation, la raison). À la question du « savoir-faire avec le milieu », le vivant fournit en effet un éventail de solutions : instinct, apprentissage, imitation, identification. Mais chez l’humain seule la dernière peut rendre compte de l’observation tant sociologique que psychanalytique.

(...)

C’est avec le langage, permis par la prématuration, donc la dépendance à l’adulte nourricier sans laquelle l’enfant ne pourrait s’intéresser au langage, qu’apparaissent chez l’homme deux nouveaux types de solutions adaptatives : les versants cognitif et subjectif de l’identification.

La face « connaissance » de l’identification sert l’adaptation en fournissant à l’esprit humain des contenus mémoriels et des outils logiques qui le dispensent de devoir tout expérimenter, chaque génération disposant ainsi d’un savoir cumulatif considérable. Une part de cette connaissance d’abord très empirique évolue vers des énoncés scientifiques de plus en plus formalisés (« le mathématique est fils du vernaculaire »). Ce savoir conscient ou préconscient est ouvert à la révision : si l’expérience le contredit ou si une argumentation le réfute, il pourra (en théorie) être questionné, remanié voire abandonné.

Mais l’enfant n’apprend pas à parler avec un dictionnaire et une grammaire. Il est introduit dans l’ordre symbolique (le « grand Autre ») par le discours des « petits autres » que sont ses parents, discours où s’entrelacent inextricablement les connaissances et le désir. Impossible de s’y dérober quand on dépend vitalement d’eux : « Le dit premier décrète, légifère, aphorise, est oracle. Il confère à l’autre réel son obscure autorité. » (Lacan, Écrits, p. 808). Ce « Que ta volonté soit faite » devient l’impératif inconscient de l’athée le plus convaincu. C’est là le point de départ de l’identification subjective, qui, quoique fille du langage, s’oppose par bien des traits à l’identification cognitive.

Inconscient, imaginaire et fantasme font d’elle la face « méconnaissance » de l’identification. Support de la croyance à l’identité et prothèse psychique destinée à se substituer aux instincts défaillants, elle a initialement servi la survie de l’espèce en fournissant avec le désir sexuel, le désir d’enfant et le désir de vivre des substituts aux instincts sexuel, maternel et de conservation quasi-introuvables chez l’homme. Mais ce au prix de remplacer leur nécessité innée par la contingence de désirs liés à la constellation familiale où ils prennent naissance.

Le savoir cognitif était révisable ; mais non le savoir subjectif, du fait qu’il est inconscient : rebelle à l’expérience et à l’argumentation critique, il fait le lit de toute croyance dogmatique. L’inquisition contre Galilée, le créationnisme contre Darwin, voilà, transposée à l’échelle de la société, la contradiction structurale entre identification subjective et identification cognitive, ces sœurs ennemies.

 

  Unpleasant truths


L’identification subjective, définie comme la connexion signifiant-affect résultant d’une suggestion exercée par le parent sur l’enfant, conduit graduellement d’une situation où plaisir et déplaisir étaient suscités par les besoins (chez le nourrisson) à une situation où c’est le signifiant qui a acquis le pouvoir de les convoquer (chez l’enfant plus grand qui, déjà repu et choyé, demande « raconte-moi une histoire », puis chez l’adulte, qui ne manquera jamais de ressources pour s’en inventer). C’est cette alliance intimement scellée dans l’enfance entre le mot et l’émotion qui, jointe au refoulement, rendra compte de « l’impuissance de la pensée critique face aux sirènes de l’affectivité » : le ressenti passe pour l’étalon du vrai (« l’éprouvé ne ment pas »), et loin que ces sirènes fassent directement triompher le cœur sur la raison, c’est de leur paroles mobilisant des affects qu’elles tirent le pouvoir de faire taire la critique intérieure ou extérieure(1). Être refoulés dans l’inconscient et liés aux affects n’enlève pas aux mots leur qualité verbale, et le conflit cognitif  vs subjectif n’est nullement réductible au conflit intellect  vs affect : « le cœur a ses raisons... » puisque dans le  texte subjectif opère une logique (logos), et l’on se trouvera fondé à proposer ci-après une « Analyse des Logiques Subjectives » applicable au phénomène de la propagande.


(1) Cyrano, analyste d’un instant, ne s’y trompe pas: son parler d’amour a induit le tendre élan qui pousse Roxane à offrir un baiser à Christian, et même son ressenti :
                         « Baiser, festin d’amour dont je suis le Lazare !
                            Il me vient de cette ombre une miette de toi./
                            Mais oui, jesens un peu mon cœur qui te reçoit,
                            Puisque sur cette lèvre où Roxane seleurre
                            Elle baise les mots que j’ai dits tout à l’heure ! ».


Cyrano...

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