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  • : TOUT SUR L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • TOUT SUR L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©)
  • : Blog scientifique sur l'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives©), méthode originale d'analyse de discours partant des métaphores quotidiennes et de la psychanalyse. Applications dans de nombreux domaines des Sciences Humaines et Sociales : linguistique, littérature (Camus), poésie (Baudelaire), traduction, rhétorique, argumentation, psychologie sociale. Textes, articles, exercices, discussions,dictionnaires.Google+
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 09:02


Pour accompagner le  résumé du livre de Jean-Claude Milner : L’Œuvre claire (Paris : Seuil. 1995), voici les Propositions doctrinales énoncées par l'auteur à partir du chapitre II.


Propositions doctrinales


CHAPITRE II : Le doctrinal de science


Lacan pose une équation : « le sujet sur quoi nous opérons en psychanalyse ne peut, être que le sujet de la science ». Cette équation énonce trois affirmations :

  • (1) que la psychanalyse opère sur un sujet (et non pas par exemple sur un moi) ;
  • (2) qu'il y a un sujet de la science ;
  • (3) que ces deux sujets n'en font qu'un.

A. Axiome du sujet :

  • 'il y a quelque sujet, distinct de toute forme d'individualité empirique'.

B. Hypothèse du sujet de la science :

  • 'la science moderne, en tant que science et en tant que moderne, détermine un mode de constitution du sujet'.

C. Définition du sujet de la science :

  • 'le sujet de la science n'est rien hormis le nom du sujet, en tant que, par hypothèse, la science moderne en détermine un mode de constitution'.

D. Freud demande :

  • 'que doit être la psychanalyse pour être une science qui soit conforme au modèle ?'.

E. Freud a une théorie transversale de la science, réponse à la question :

  • 'pourquoi y a-t-il de la science plutôt que pas de science du tout ?'.

F. Lacan met de la prudence à répondre à la question :

  • 'pourquoi y a-t-il de la psychanalyse plutôt que pas de psychanalyse du tout ?'.

G. Théorèmes de Kojève :

  • (i) 'il y a entre le monde antique et l'univers moderne une coupure';
  • (ii) 'cette coupure tient au christianisme'.

H. Théorèmes de Koyré :

  • (i) 'il y a entre l'epistèmè antique et la science moderne une coupure';
  • (ii) 'la science moderne est la science galiléenne, dont le type est la physique mathématisée';
  • (iii) 'en mathématisant son objet, la science galiléenne le dépouille de ses qualités sensibles'.

I. Hypothèse de Lacan :

  • 'les théorèmes de Koyré sont un cas particulier des théorèmes de Kojève'.

J. Lemmes de Lacan :

  • (i) 'la science moderne se constitue par le christianisme, en tant qu'il se distingue du monde antique';
  • (ii) 'puisque le point de distinction entre christianisme et monde antique ressortit au judaïsme, la science moderne se constitue par ce qu'il y a de juif dans le christianisme';
  • (iii) 'tout ce qui est moderne est synchrone de la science galiléenne et il n'y a de moderne que ce qui est synchrone de la science galiléenne'.

K. Cartésianisme radical de Lacan :

  • 'si Descartes est le premier philosophe moderne, c'est par le Cogito',
  • 'Descartes invente le sujet moderne';
  • 'Descartes invente le sujet de la science';
  • 'le sujet freudien, en tant que la psychanalyse freudienne est intrinsèquement moderne, ne saurait être rien d'autre que le sujet cartésien'.

L. Si l'on admet que la proposition négative 'la conscience de soi n'est pas une propriété constitutive de la pensée' se sténographie du nom inconscient, on obtient le théorème :

  • 's'il y a de la pensée dans le rêve, il y a un inconscient'.

M. On obtient du même coup le lemme :

  • 'le rêve est la voie royale de l'inconscient'.

N. Et la définition qui se déduit du théorème et du lemme :

  • 'affirmer qu'il y a de l'inconscient équivaut à affirmer ça pense'.

O. Lacan ajoute seulement la proposition, tirée de Descartes et étendue à Freud :

  • 's'il y a du penser, il y a quelque sujet'.

P. Premier discriminant de Koyré :

  • 'est galiléenne une science qui combine deux traits : l'empiricité et la mathématisation'.

Q. Second discriminant de Koyré :

  • 'étant admis que tout existant empirique est traitable par quelque technique et que la mathématisation constitue le paradigme de toute théorie, la science galiléenne est une théorie de la technique et la technique est une application pratique de la science'.

R. Propositions qui se tirent à la fois de Freud et de Lacan :

  • 'le Moi a horreur de la science';
  • 'le Moi a horreur de la lettre comme telle';
  • 'le Moi et l'imaginaire sont gestaltistes';
  • 'la science et la lettre sont indifférentes aux bonnes formes';
  • 'l'imaginaire comme tel est radicalement étranger à la science moderne';
  • 'la science moderne, en tant que littérale, dissout l'imaginaire'.

S. La nature de la coupure discursive se détermine ainsi :

  • 'dire qu'il y a coupure entre deux discours, c'est seulement dire qu'aucune des propositions de l'un n est synonyme d`aucune des propositions de l'autre'.

T. Entre deux discours réellement différents, il n'y a d'autre relation que de coupure, mais la coupure n'est que le nom de leur différence réelle. La conclusion s'impose :

  • 'une coupure n'est pas fondamentalement chronologique'.

U. On peut la dire autrement, en généralisant sa portée :

  • 'la théorie des discours est une antihistoire'.

V. Le doctrinal de science se révèle reposer sur un lemme caché :

  • 'le discriminant de Koyré et le discriminant de Popper sont synonymes, à condition qu`on les saisisse du point de la contingence'.

W. L'univers, comme objet de la science et comme objet contingent, est infini intrinsèquement :

  • 'l'infini de l'univers est la marque de sa contingence radicale'.

X. C'est donc en lui et non pas hors de lui qu'on doit trouver les marques de cette infinité. La thèse moderne par excellence se dira donc :

  • 'la finitude n'existe pas dans l'univers'.

Y. Et comme rien n'existe que dans l'univers, elle se dit aussi :

  • 'la finitude n'existe pas'.

Z. Car :

  • 'il n'y a rien qui soit hors univers'.

Z'. Le lemme moderne tient que la finitude n'existe pas et la psychanalyse suit ce lemme. Elle en donne même une version spécifique :

  • 'en tant qu'elle est une marque de finitude, la mort n est rien dans l'analyse';
  • ou : 'la mort ne compte dans l'analyse qu'en tant qu'elle est une marque d'infinité';
  • ou : 'la mort n'est rien, sinon l'objet d'une pulsion'.



CHAPITRE III : Le premier classicisme lacanien

A. thèse de Barthes :

  • 'la Littérature est intrinsèquement moderne'.

B. hypothèse de L. Althusser :

  • 'l'univers de la science moderne est coextensif au marché mondial'.

C. Foucault ne suppose que l'affirmation d'existence

  • 'il y a des coupures'.

D. Le doctrinal de science se reformule :

  • 'la coupure entre epistèmè et science moderne est une coupure majeure'.

E. le dispositif du doctrinal de science repose sur un axiome d'existence supplémentaire :

  • 'non seulement il y a des coupures, mais il y a des coupures majeures '.

F. Foucault a son axiomatique doctrinale

  • ('il n'y a pas de coupures majeures'),

en la corrigeant d'une proposition pratique au sens kantien du mot :

  • 'il y a telles circonstances qui, l'instant d'une passion, font effet de coupure majeure et de Repère'.

G. théorème de Staline (avec sa réciproque) :

  • 'il y a des changements de l'infrastructure qui n'entraînent pas de changements dans la langue; il y a des changements dans la langue qui ne dépendent pas de changements dans l'infrastructure'.

H. reformulation du théorème de Staline :

  • 'la langue est immune aux coupures majeures' (ou, dans un langage politique : 'la langue est immune aux révolutions').
H. Lemme de Staline :
  • 'la langue, en tant que forme, est le repère qui permet de constater les coupures majeures'.

I. Foucault. La loi des discours se ramène à une seule :

  • 'il y a des discontinuités', ou 'I'on doit dire non aux synonymies'.

I'. Reprise de l'équation des sujets :

  • 'la praxis de la psychanalyse est interprétation ; le sujet que requiert la psychanalyse en tant qu'elle interprète est le sujet que requiert la science en tant qu'elle se constitue par une coupure majeure ; toute coupure majeure a la structure d'une interprétation'.
  • * Galiléisme étendu de Lacan : "Plus extensif que le premier, mais aussi plus rigoureux, il s'autorise d'une mathématique enfin menée à son littéralisme absolu"

J. la linguistique structurale repose sur trois thèse minimalistes :

  • un minimalisme de la théorie : une théorie se rapprochera d'autant plus de l'idéal de la science qu'elle s'imposera, pour une puissance descriptive  maximale, d'user d'un nombre minimal d'axiomes et de concepts initiaux ;
  • un minimalisme de l'objet : on ne connaîtra une langue qu'en s'imposant d'y considérer seulement les propriétés minimales qui en font un système, décomposable en éléments eux-mêmes minimaux ;
  • un minimalisme des propriétés : un élément d'un système a pour seules propriétés celles qui sont déterminées par le système.

J'. le structuralisme en linguistique peut s'exprimer ainsi :

  • 'on connaîtra le langage (une langue naturelle donnée) en s'imposant de le considérer uniquement comme une chaîne'.

J''. forçage de Lacan :

Le nom de signifiant est certes repris de Saussure, mais il s'en écarte, puisqu'il est arraché au couplage symétrique signifiant/signifié où Saussure l'insérait. Il énonce donc deux propositions divergentes :

  • La linguistique est réinterprétée, sinon détournée
  • Moyennement cette réinterprétation, il est prouvé qu'à partir de la linguistique une analyse structuraliste et légitime pour d'autres objets que la langue.

K. conjecture hyperstructurale de Lacan :

  • 'la structure quelconque a des propriétés non quelconques'.

L. théorie de la structure quelconque. Soit un théorème provisoire :

  • 'la structure minimale quelconque contient en inclusion externe un certain existant distingué, qu'on appellera le sujet'.
L'. Logion tiré de la définition du signifiant par Lacan :
  • « le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant »
L''. Il s'analyse en quatre thèses définitoires :
  1. un signifiant ne représente que pour ;
  2. ce pour quoi il représente ne peut être qu'un signifiant ;
  3. un signifiant ne peut représenter que le sujet ;
  4. le sujet est seulement ce qu'un signifiant représente pour un autre signifiant.

M. De la conjecture hyperstructurale et de la théorie de la structure quelconque suit une thèse, qu'on peut appeler l'hypothèse du sujet du signifiant :

  • 'il n'y a de sujet que d'un signifiant'.

N. Étant admis par ailleurs l'hypothèse du sujet de la science, l'équation des sujets est une conséquence automatique :

  • 'le sujet de la science, le sujet cartésien, le sujet freudien, s'ils sont des sujets, ne peuvent être que le sujet d'un signifiant; ils ne font et ne peuvent faire qu'un'.

O. Le sujet freudien, c'est-à-dire le sujet capable d'inconscient, peut et doit être institué comme sujet d'un signifiant : il faut et il suffit pour cela que l'inconscient soit pensé comme une chaîne, ce qu'assure le logion

  • 'l'inconscient, structuré comme un langage'.

P. Le sujet de la science mathématisée peut et doit être institué comme sujet d'un signifiant : il faut et il suffit pour cela que la mathématique soit pensée comme la forme éminente du signifiant, disjoint de tout signifié, ce que permet le galiléisme étendu :

  • le logion « la mathématique du signifiant » (Écrits, p. 861) est réputé propre à caractériser toute science et doit se lire réversiblement — le signifiant est intrinsèquement mathématique, la mathématique est intrinsèquement du signifiant.

Q. le programme des Cahiers pour l'Analyse se dit :

  • 'l'hypothèse du sujet du signifiant n'est pas seulement une conséquence de la conjecture hyperstructurale; elle en est la conséquence majeure'.

ou :

  • 'la conjecture hyperstructurale est la forme moderne de la question transcendantale'.

Il se dit aussi :

  • 'le sujet du signifiant est le sujet métaphysique moderne'.

Il se dit enfin :

  • 'que peut et doit une métaphysique moderne ?'.

R. Le premier classicisme a pour monument majeur les Écrits.

  • Il constitue le développement progressif et presque systématique du programme articulé dans le discours de Rome, en 1953.
  • Il appuie l'hypothèse hyperstructurale sur l'évidence supposée des structuralismes, comme formes contemporaines d'un nouveau galiléisme;
  • ce dernier est à considérer lui-même comme une extension du galiléisme strict; cette extension maintient ou plus exactement épure l'équation des sujets et l'hypothèse du sujet de la science qui en est le pivot.
  • Ses parties constituantes sont à présent claires :

— le doctrinal de science inclut spécifiquement l'hypothèse du sujet de la science ;

— le galiléisme invoqué dans le doctrinal prend une forme particulière, fondée sur une extension de la notion de mathématisation et sur une extension de l'univers à des objets non proprement naturels; c'est le galiléisme étendu ;

— le galiléisme étendu inclut la psychanalyse, moyennant le logion 'I'inconscient est structuré comme un langage', mais ce logion lui-même requiert la conjecture hyperstructurale ;

— la conjecture hyperstructurale, en tant que théorie de la structure quelconque, et en tant que cette théorie inclut l'émergence du sujet, est un mode de résolution de l'hypothèse du sujet de la science; de ce fait, elle s'articule à l'axiome du sujet, homonyme et éventuellement synonyme de la métaphysique classique.


S. L'édifice est majestueux, mais instable.


CHAPITRE IV : Le second classicisme lacanien

A. Le bourbakisme affirme trois choses, touchant la mathématique :

(1) elle est autonome à l'égard de la science galiléenne ;

(2) I'essence n'en est pas la quantité; elle peut donc s'étendre à des objets non quantitatifs ;

(3) il y a une logique mathématique.

B. Or, Koyré suppose exactement le contraire :

(1') quoi qu'elle soit pour elle-même, la mathématique est considérée seulement comme la servante de la mathématisation ;

(2') elle est à entendre au sens étroit qui seul, aux yeux de Koyré, intéresse la science moderne : la quantité ;

(3') il n'y a pas de logique mathématique (cf. Épiménide le Menteur).

C. La fonction et la forme du mathème chez Lacan se trouvent déterminées par deux affirmations :

a) le mathème assure la transmissibilité intégrale d'un savoir ;

b) le mathème se conforme au paradigme mathématique.

D. Affirmer (a), c'est en fait affirmer des propositions du type :

  • 'il n'y a pas de maîtres', ou :
  • 'il n'y a pas de disciples', ou :
  • 'il n'y a pas de sagesse', ou :
  • 'il n'y a ni Parole ni Présence',
  • 'il n'y a pas de sagesse au-delà du savoir'.

E. Ces exclusions sont le propre de l'univers moderne. Cela se comprend mieux si l'on combine (a) et (b). Par cette combinaison s'obtient la thèse sous-jacente :

  • 'la mathématique est le paradigme de la transmissibilité intégrale'.

F. 'Je ne suis pas un maître, j'en occupe la position', voilà donc les conclusions que Lacan n'a pas pu ne pas tirer pour lui-même au moment ou se déploya le plus complètement le dispositif de sa mathématisation.

G. Là ou la mathématique prébourbakiste s'autorisait de la cohérence rationnelle, venue des Grecs, Bourbaki s'autorise de la seule consistance littérale. Mais il la répute homogène à la précédente.

  • Lacan, s'appuyant sur l'hyperbourbakisme, donne un tour supplémentaire au garrot : y eût-il consistance littérale, elle ne laisserait pas d'être imaginaire, parce que toute consistance est toujours variante du lien; mais il n'y a pas de consistance littérale, parce que la littéralité n'est pas de l'ordre de la consistance.

H. le nœud est dit « le meilleur support que nous puissions donner de ce par quoi procède le langage mathématique ». Trois propositions sont ainsi avancées :

  • Premièrement, le mathématique dont se soutient le mathème est le mathématique détaché de la déductivité, laquelle est réputée tout à la fois acquise et sans portée : c'est ce que signifie l'incise « une fois qu'il est suffisamment repéré quant à ses exigences de pure démonstration »; on se trouve ici au cœur du second classicisme.
  • Deuxièmement, le mathématique, disjoint de la déductivité, consiste en un littéral pur : le maniement des lettres, et non le commentaire parlé, qui ramène aux chaînes de raisons.
  • Troisièmement, de ce mathématique-là, c'est le borroméanisme qui est le support, puisque le borroméanisme n'est rien de plus et rien de moins que ceci : il suffit qu'un rond ne tienne pas pour que les autres se dispersent, or, cette propriété est jugée le meilleur et peut-être le seul analogue de la propriété définitoire du littéral comme tel.

I. L'équation des sujets identifiait le sujet de la science et le sujet sur quoi opère la psychanalyse : ils ne faisaient qu'un, parce qu'ils ne faisaient qu'un avec le sujet du signifiant; par l'hypothèse de Lacan on comprend que l'expression « sujet sur quoi opère la psychanalyse » est à dédoubler :

  • il y a l'individu affecté d'un inconscient, que rencontre la pratique analytique en ce qu'elle a de plus technique
  • et il y a le sujet tel que la théorie de la structure quelconque le définit : c'est le sujet d'un signifiant.
  • Il n'y a pas deux sujets qui ne font qu'un, mais un seul sujet et un individu qui, radicalement distinct du sujet, coïncide avec lui.
  • Dire cela, c'est dire que la distinction est irréductible et qu'être le même signifie être l'Autre.

J. On voit la doctrine :

  • Prémisse 1 : 'le sujet de la science est le sujet d'un signifiant' (hypothèse du sujet du signifiant, formulée par le premier classicisme, maintenue dans le second).
  • Prémisse 2 : 'le sujet d'un signifiant coïncide avec un individu affecté d'un inconscient' (hypothèse de Lacan, formulée seulement dans le second classicisme).
  • Prémisse 3 : 'la psychanalyse dans sa pratique opère sur un individu affecté d'un inconscient' (hypothèse fondatrice de Freud).
  • Conclusion : 'la psychanalyse dans sa pratique rencontre par coïncidence un sujet'.

K. 'le signifiant ne pense pas'


L. 'il y a mutuelle exclusion entre la philosophie et le mathème de la psychanalyse'.

 


CHAPITRE V : La déconstruction


[ Ici pas de Propositions doctrinales, pas de "logia", mais quelques phrases-clé de J.-C. Milner ]


Le mathème connaîtra son achèvement. Sa doctrine était liée à une institution : l'École freudienne, "école" et "freudienne", fondée sur trois hypothèses :

  • quelque chose se transmet intégralement à partir de Freud,
  • le lieu d'une transmission intégrale est une école
  • le moyen d'une transmission intégrale est le mathème en un tel lieu.

Revue Scilicet
, modelée sur Bourbaki : « tu peux savoir ce qu'en pense l'École freudienne », « grâce au mathème ».

L'École freudienne trouvait son support doctrinal dans la doctrine du mathème.

Que l'école ait été dissoute signifie que le mathème a été dissous.

Lacan ne s'intéresse au nœud que par ce qu'il a de réfractaire à une mathématisation intégrale.

Paradoxe du doctrinal de science, il a fallu, après Galilée et Descartes, admettre :

  • que l'univers est intégralement passible d'une science mathématisés,
  • qu'il est infini
  • et que l'infini n'est pas, au début, un objet mathématiquement clair.
Mais assez vite l'infini a donné lieu à un calcul et à des écritures mathématiques.

Le nœud, lui, est antinomique à la lettre, donc au mathème.


Non seulement le nœud n'est pas mathématisé, mais il ne fonctionne qu'à ne pas l'être.

Il n'est plus que la figure du deuil de la lettre mathématique et de sa puissance. Il ne dit quelque chose de la lettre que parce qu'il s'en excepte ; la mathématique n'est pas littérale.

Si lettre il doit y avoir, Lacan doit désormais la chercher ailleurs : Joyce, le poème, les Lettres.

Dans Encore, le mathème est à son acmé et le poème n'apparaît que pour le confirmer.
Les calembours homonymiques constituent des atomes de calcul poématique, comme des mathèmes donnés par lalangue même.

Après Encore, la symétrie se rompt. Le poème inquiète, car il prolifère. Si la mathématique n'est plus littérale, les homophones deviennent la seule marque de la littéralité, tenants-lieu d'un mathème exténué. Leur multiplication contrebalance la monstration silencieuse des nœuds.

Le poème, polymérisé à l'infini de lalangue, explose sur l'abîme. D'un côté les nœuds taciturnes, de l'autre, omni-présent, le poème, attesté et aboli par son propre foisonnement.

Simultanément, la main se ferme sur la matérialité des ficelles. Jusqu'à ce que le dernier acte d'un enseignement poursuivi durant tant d'années, le dernier mot de tant de concepts, d'analyses, d'écritures, d'inventions, devienne un maniement muet, indistinguable de la manie solitaire.

A la fin du parcours, le nœud est devenu un détournement de la lettre, une antimathématique. L'anachorèse discursive est consommée.

Le nœud était donc mortel.


Le séminaire XX, qui l'introduit, tient une place d'exception dans l'œuvre de Lacan :

  • Par sa portée : le second classicisme lacanien s'y accomplit.
  • Par sa forme : ésotérique et exotérique ; la forme d'œuvre y rejoint l'efficacité protreptique.
  • Par son retournement enfin : dans sa perfection même, il contient en germe le facteur létal  par quoi Le Séminaire sera défait, depuis le premier livre jusqu'au dernier.
Le Lacan de ce temps fait songer au Wittgenstein du Tractatus :

  • il faut se taire sur ce qui ne se laisse pas dire ;
  • il faut montrer ce sur quoi on ne peut que se taire.
Or, Lacan se tait et Lacan montre.

Si le mathème est aboli, on ne peut plus dire, seulement montrer ; or Lacan ne  fait
plus que montrer, donc le mathème a été aboli, et avec lui le galiléisme en psychanalyse.

Le
logion de Lacan : « la Nature a horreur du nœud » entraîne une conséquence radicale : si le nœud est une lettre mathématique, alors la Nature et quelque lettre mathématique pourraient être incompatibles, ce qui s'oppose à l'axiome fondateur de la science moderne.
Donc :

  • ou bien la science mathématisée est abolie, et le doctrinal de science tombe, entraînant le second classicisme, en ce qu'il a de commun avec le premier ;
  • ou bien le nœud n'est pas une lettre, donc pas un mathème, et le second classicisme est aboli, en ce qu'il a de distinct du premier. On perd à tout coup.

Le second classicisme a passé, à l'instant où il paraissait s'accomplir.

On n'est pas loin du "problème de Wittgenstein". Supposons qu'il y ait antinomie, frontière réelle et infranchissable, entre dire et montrer.

  • ce qui ne se dit pas se montre et il faut s'en taire ;
  • ce qui se montre se montre par des tableaux. Au rang de ce qui ne se dit pas, il y a la vérité de ce qui se dit, d'où les tables de vérité.

Lacan considère que le problème de Wittgenstein ne conduit pas au devoir de silence. Il faut parler et dire la vérité.

Car le silence est impossible : « Moi la vérité, je parle » ; ce dont on ne peut pas parler ne consent pas à se taire. L'inconscient, c'est justement cela.

Impossible de parler, impossible de ne pas parler. De là, les stratégies du mi-dire. « La vérité ne se dit pas toute ». Dire, c'est assembler ce qui est radicalement étranger à soi-même.

Déjà, le signifiant, dans le premier classicisme, émergeait à l'entrechoc du voilement et du dévoilement.

Au temps du second classicisme, l'éthique du bien dire se pose en symétrique inverse de : « Sur ce dont on ne peut pas parler, il faut garder silence ». Bien dire, c'est conjoindre ce qui ne peut pas être conjoint ; dispositif antiwittgensteinien.

Wittgenstein : « pour tracer une frontière à l'acte de penser, nous devrions pouvoir penser les deux côtés de cette frontière (nous devrions donc pouvoir penser ce qui ne se laisse pas penser) ».

L'inconscient est une frontière à l'acte de penser, dont la psychanalyse, dès Freud, pense à la fois les deux côtés. Dans l'objet freudien réside ce battement dont le mi-dire lacanien est le répondant.

La Spaltung qui refend le sujet (l'inconscient), et l'hétérologie qui scinde et recoud les dits, sont solidaires, si la psychanalyse est vraie.

Or le nœud a entravé le mi-dire comme moyen du bien dire, ce qui est une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible, c'est que la vérité ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas.

Si Wittgenstein l'emporte, si le nœud l'emporte sur l'écrit, Lacan n'est pas seul détruit.

Milner conclut seulement à un dépérissement du second classicisme. La cause en est l'émergence du nœud, qui désamarre l'instance de la lettre.

Après la fin du second classicisme, un seul problème demeure :

  • quels rapports entretiennent (incompatibilité, équivalence ?), le « c'est montré » et le « c'est écrit » ?

La solution n'a pas été développée.

De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais il n'était pas le dernier mot.


 



Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous



Français
L'A.L.S. (Analyse des Logiques Subjectives) est une méthode d’analyse des mots (lexèmes) d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire.

English
A.L.S (Analysis of Subjective Logics) is an analytical method concerned with the words (lexical items) of a spoken or written text. Drawing on psychoanalysis, it allows one, without resorting to the non-verbal (intonations, gestures, mimics, etc.), to get an idea of the personality of the author as well as of those one expects to persuade or to entice.

Deutsch
Die A.L.S (Analyse der Subjektiven Logiken) ist eine Untersuchungsmethode der Wörter (lexikalische Einheiten) eines gesprochenen oder geschriebenen Textes, mit einer Inspiration der Psychoanalyse, der erlaubt, ohne sich an das Nichtverbale (Intonationen, Bewegungen, Mimiken, u.s.w.) zu wenden, eine Idee der Personalität des Autors und derjenigen zu bekommen, die er zu überreden oder zu bezaubern hofft.

Português
A A.L.S. (Análise das Lógicas Subjetivas) é um método de análise das palavras (unidades lexicais) de um texto falado ou escrito, inspirado pela psicanálise, que permite, sem recorrer ao não-verbal (intonações, gestos, mímicas, etc.), ter uma idéia da personalidade do autor e daqueles que ele pode esperar persuadir ou seduzir.

Español
El A.L.S. (Análisis de las Lógicas Subjectivas) es un método de análisis de las palabras (lexemas) de un texto hablado o escrito, inspirado por la psicoanálisis, que permite, sin recurrir al no verbal (intonaciones, gestos, mímicas), tener una idea de la personalidad del autor y de aquellos a los que puede esperar persuadir o seducir.

Italiano
L'A.L.S. (Analisi delle Logiche Soggettive, è un metodo di analisi delle parole ("lexèmes") di un testo parlato o scritto, ispirata per la psicanalisi, che permette, senza ricorrere al no-verbale (intonazioni, gesti, mimici), di avere un'idea della personalità dell'autore e di quelli che può sperare di persuadere o sedurre.



Résumé : Blog de diffusion de textes et de discussions autour de l'Analyse des Logiques Subjectives, méthode linguistique originale d'analyse de discours partant des métaphores courantes et de la psychanalyse.

Abstract : Blog about "Analysis of Subjective Logics ", an original linguistic approach in discourse analysis.


Mots-clé :
analyscience, linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hystérie, obsession, phobie, angoisse, inconscient, rêve, rébus, subjiciel

Keywords :
analyscience, linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, hysteria, fixed idea, phobia, anxiety, the unconscious, dream, rebus, subjiciel

Schlüsselwörter :
analyscience, Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, Hysterie, Zwangsvorstellung, Phobie, Angst, Unbewusstes, Traum, Rebus, Subjiciel

Palavras-chaves :
analyscience, linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histeria, idéia fixada, fobia, inquietude, inconsciente, sonho, rébus, subjiciel

Palabras-clave :
analyscience, lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, histerismo, obsesión, fobia, angustia, inconsciente, sueño, jeroglífico, subjiciel

Parola-chiave :
analyscience, linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, L’Œuvre claire, Albert Camus, Marie Cardinal, Amélie Nothomb, Georges Brassens, Henry Miller, Parménide, Cyrano de Bergerac, Aragon, Nietzsche, Luce Irigaray, Hélène Cixous, Deleuze, Guattari, isterismo, ossessione, fobia, angoscia, inconscio, sogno, rebus, subjiciel

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